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L'emprunt EDF : peu attractif (rédigé le 25/06/2009)

(03/06/09) Nous l’évoquions la semaine dernière : EDF, groupe majoritairement détenu par l’État, va bel et bien lancer un emprunt obligataire réservé aux épargnants particuliers. L’électricien a annoncé vouloir opérer une émission d’environ 1 Md €. Dans les faits, il est probable que ce montant sera dépassé. Le contexte actuel est en effet marqué par l’absence de placements rémunérateurs pour les liquidités en quête de sécurité : les particuliers devraient donc se précipiter sur cet emprunt dont le risque de défaut est quasiment nul. Est-ce censé ? Nous ne le pensons pas. L’intérêt de cet emprunt est en réalité très limité si l’on se projette dans les mois et années à venir. Reprenons ses caractéristiques. Pour commencer, cette obligation affichera un taux brut de 4,50 %. À première vue, chacun est tenté de se dire que cela est plus intéressant que le Livret A (1,75 %) ou tout autre placement monétaire. C’est vrai. Du moins pour le moment. N’oublions pas ainsi que le remboursement de cette obligation se fera dans cinq ans, à l’été 2014 donc. Or, le niveau actuel des taux est la conséquence des politiques monétaires accommodantes menées par les banques centrales qui cherchent ainsi à combattre tout risque déflationniste et à relancer la croissance. Cela durera-t-il ? Non. Lorsque l’économie repartira et que les prix s’orienteront à la hausse, les banques centrales relèveront les taux. Ces derniers remonteront d’autant plus vite que l’endettement des États occidentaux, anormalement élevé, alimentera la demande de liquidités. Il faudra donc aux États comme aux entreprises offrir des taux de plus en plus attractifs pour se refinancer. En achetant l’emprunt EDF, l’espoir de réaliser une plus-value est nul : les taux ne pouvant pas baisser, le prix de l’obligation ne montera pas. De fait, conserver l’emprunt jusqu’à son remboursement en 2014, en encaissant un rendement de 4,50 % brut par an devrait constituer la meilleure alternative pour l’acheteur. Reste que la fiscalité des obligations est peu attractive : contrairement aux dividendes, les coupons ne bénéficient d’aucun abattement. Ils sont ainsi imposés au taux de 30,1 % ou dans le cadre de l’impôt sur le revenu en ajoutant 12,1 % de prélèvements sociaux. Au final, le taux net de l’emprunt EDF sera donc inférieur à 3,15 %.
Un tel rendement n’est pas attractif. Nos anticipations d’un retour de l’inflation puis d’un retournement à la hausse des taux dans les deux ans nous incitent à rester à l’écart de cet emprunt EDF. Pour information, sachez toutefois que la souscription sera ouverte du 17 juin au 10 juillet.

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