Nous ne cessons de vous encourager à ouvrir vos portefeuilles à l’international. Contrairement à certaines croyances, le PEA vous permet d’appliquer une stratégie opportuniste en dehors du marché français.
Qu’est-ce que le biais domestique ? C’est la tendance des investisseurs à sur-pondérer excessivement les actifs financiers de leur pays d’origine dans leur portefeuille. Ce biais peut s’expliquer par une meilleure connaissance des entreprises locales (« on investit dans ce qu’on connaît »), laquelle confère un sentiment de sécurité. Les règles fiscales peuvent également encourager ce déséquilibre.
En France, le Plan d’Epargne en Actions (PEA) est ainsi souvent perçu comme une enveloppe avantageuse réservé aux seules valeurs françaises. Il n’y a pourtant rien de plus faux.
Tout d’abord, le PEA permet d’investir sur les actions de tous les pays de l’Union européenne (UE) ainsi que les trois pays de l’Espace économique européen (EEE) ayant signé une convention fiscale avec la France (Islande, Norvège et Liechtenstein).
Ensuite, il est possible d’aller encore plus loin. Les émetteurs d’ETF ont en effet contourné les règles en utilisant des contrats swaps, lesquels permettent d’échanger la performance d’un panier d’actions européennes contre la performance d’un indice cible étranger.
Dès lors, les ETF synthétiques ainsi créés (par opposition aux ETF physiques) vous donnent accès aux marchés américains, chinois, indien, japonais et émergents d’Asie. Il est même possible de s’exposer aux matières premières.
Vous n’avez donc aucune excuse pour ne pas internationaliser et diversifier votre PEA.
Dans certains cas, il est même possible de se couvrir contre le risque de change, ce qui peut être rassurant face à la volatilité des devises et plus particulièrement du dollar.
Dans le même temps, vous avez également accès à des ETF sectoriels (santé, banque, technologie, industrie…) et thématiques (accent mis sur les dividendes).
En général, investir à l’étranger est perçu comme coûteux, ce qui constitue un frein et incite les épargnants à rester franco-français. Là encore, il convient de casser les mythes. Souvenez-vous ainsi que la taxe sur les transactions financières (0,3%, pour l’instant) n’est due que sur les valeurs françaises !
En optant pour une valeur européenne, vous l’évitez. En outre, il faut savoir que la loi Pacte limite les frais de transaction à 0,5%. Paradoxalement, sauf si vos frais sont inférieurs à 0,2% pour les valeurs françaises (soit 0,5% en incluant la TTF), l’achat d’une valeur européenne s’avérera moins coûteux. Quant aux ETF, ils ne sont tout simplement pas soumis à la TTF.
Au fil des analyses de portefeuille que nous réalisons, il n’est pas rare de voir des PEA investis à 50%, 75% ou même 100% en actions françaises. Nous y voyons un vrai problème pour la rentabilité de vos avoirs financiers mais aussi un risque accru au regard de la situation économique, politique et budgétaire dans le pays. Rien ne justifie de rester franco-français et de se priver de meilleures opportunités sur les marchés étrangers.
Copyright Propos Utiles. Tout droit de reproduction interdit.