M&A : un dynamisme qui interroge

M&A court terme long terme

L’excellente tenue du marché mondial des fusions et acquisitions (M&A) témoigne de l’optimisme des dirigeants d’entreprises. Sur les trois premiers mois de l’année, les volumes des transactions ressortent ainsi à 1 200 Mds €, selon les données compilées par Dealogic. Il s’agit en l’espèce de la deuxième meilleure performance enregistrée sur la dernière décennie.

Cette vitalité dans les opérations de croissance externe et de rapprochement pourrait évidemment étonner. En effet, l’entame de 2026 a été marquée par la « préparation » puis l’offensive des Etats-Unis et d’Israël contre l’Iran. La question du blocage du détroit d’Ormuz était alors déjà posée, comme ses conséquences attendues sur le prix des hydrocarbures, susceptibles de provoquer un choc inflationniste, de peser sur les marges des entreprises et de conduire les banques centrales à durcir les conditions de crédit.

D’autres éléments rendaient également le contexte a priori moins porteur. Le boom de l’Intelligence artificielle (IA) portait les valorisations sur des niveaux significativement élevés et vus dès lors comme fragiles, en cas de mauvaise nouvelle. Enfin, l’inquiétude portant sur une possible crise du crédit privé aurait également dû limiter les initiatives.

Rien de tout cela n’a pesé, donc. Et cela s’explique. En effet, ce sont les opérations de grande envergure qui ont dominé le marché des M&A en ce début d’année (22 transactions de plus de 10 Mds $ ont été enregistrées sur la période), généralement menées par de grandes sociétés industrielles. Loin de l’IA et presque sans bruit, la « vieille économie » est repartie à l’offensive. Les entreprises du secteur ont assaini leur bilan, là encore sans grande publicité, et ne semblent pas avoir été effrayées par les perturbations évoquées ci-dessus. Lesquelles, pour leurs dirigeants, ne dureront qu’un temps et ne permettent donc pas de justifier l’abandon de projets inscrits dans le temps long.

Que peut-on en conclure ? Que la stratégie d’une entreprise ne répond pas à des éléments de court terme et que la volatilité des marchés ne saurait constituer un épouvantail. Et il doit en être évidemment de même pour nos investissements.


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