Trump marginalisé, la Fed revient sur le devant de la scène

Fed baisse de taux

Les gesticulations de Donald Trump intéressent moins les marchés. Ces derniers prennent acte du ralentissement de l’inflation et de la dégradation du marché de l’emploi. Et se tournent vers la Réserve fédérale.

Israël et l'Iran s'affrontent, sans faire dérailler les marchés

En dépit de l’escalade du conflit entre Israël et l’Iran, les marchés font preuve d’une sérénité qui pourrait en étonner plus d’un. Il est vrai que les tensions géopolitiques dans cette partie du globe ne datent pas d’aujourd’hui. Les investisseurs ont donc, sur ce sujet, une expérience à faire valoir.

Evidemment, les cours du pétrole ont nettement progressé (77,56 $ pour le baril de WTI, au plus haut), tandis que la menace d’une fermeture du détroit d’Ormuz était brandie par le régime des mollahs. Situé entre Oman et l’Iran, il est la voie d’accès la plus importante au monde pour le transport maritime de pétrole (21% de la consommation mondiale de l’or noir et un quart des échanges de gaz naturel liquéfié y transitent).

L’accalmie observée sur le pétrole le lundi 16 juin (70 $) témoignait de l’impossibilité de Téhéran à mettre ses menaces à exécution après les pertes infligées par l’Etat hébreu au plus haut niveau de son commandement militaire.

Certains estiment d’ailleurs que le régime en place en Iran depuis plus de 40 ans vit ses derniers jours. Sans même que les Etats-Unis n’aient eu à intervenir. L’Histoire accélère parfois, il est vrai.

Les regards toujours tournés vers la Fed

Donald Trump reste imprévisible, c’est là une certitude. Cette semaine encore, il a d’ailleurs tancé les Etats européens avec lesquels l’espoir d’un  accord commercial s’avère très mince.

Mais son pouvoir de nuisance pour les marchés s’est considérablement amoindri : pour les investisseurs, le Président américain est celui des renoncements et des marches arrières  (voir à ce sujet le fameux « effet TACO »).

C’est ainsi que les investisseurs portent plus volontiers leur attention sur la politique monétaire. Et tablent à ce sujet sur une première baisse de taux aux Etats-Unis, sans doute pour le mois de septembre.

Il est vrai que les statistiques publiées récemment valident ce scénario : l’inflation (CPI, PPI, PCE) s’est considérablement assagie, tandis que le marché de l’emploi ralentissait de façon significative.

Donald Trump exige une baisse de 100 points de base, mais Jerome Powell, le Président de la Réserve fédérale, devrait se montrer bien plus prudent.

Avant toute chose, c’est le message de la Fed attendu cette semaine qu’il conviendra d’étudier de près. Celui-ci devrait être plus conciliant, de façon marginale mais suffisante pour que le marché valide ses hypothèses d’un changement de cap. Mais cela lui permettra-t-il d’atteindre de nouveaux sommets ? Rien de moins sûr.

Vers une pause des Bourses américaines ?

Alors que le S&P500 a rebondi de plus de +20% depuis début avril (ce qui valide donc un « bull market », à savoir un marché « haussier »), la prime de risque sur les actions américaines est désormais nulle (i.e. l’écart entre le rendement des actions et ceux des obligations).

Historiquement, cette situation s’est produite seulement deux fois et elle a été suivie d’une forte baisse des marchés.

Pour revenir à une situation plus normale, un rally obligataire pourrait également « faire l’affaire ». Mais celui-ci semble assez peu probable dans un contexte marqué par une dérive du déficit amenée à s’accélérer dans le cadre de la loi fiscale présentée par Donald Trump.

Quelques secteurs pourraient malgré tout profiter d’un courant acheteur, comme l’Intelligence artificielle, les mines ou encore le spatial (nous y revenons cette semaine).

Une diversification plus poussée

Compte tenu de l’évolution prévisible du dollar et des dégâts causés par Donald Trump à la réputation des Etats-Unis, les investisseurs devraient retrouver le chemin du Vieux Continent.

Nous avons déjà évoqué ce sujet, sans pour autant passer à l’action. Ainsi, nous pourrions être amenés à sélectionner de nouvelles Favorites européennes et, en complément, à nous renforcer sur certaines valeurs déjà présentes dans notre sélection.

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