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Stratégie : toujours pas de prises de risques (rédigé le 18/02/2009)

(18/02/2009) La lassitude gagne les intervenants alors que le marché évolue, tel un métronome, autour des 3 000 pts au gré d’un mouvement presque binaire : rachats à bon compte en deçà de ce même seuil, les financières reprenant plus particulièrement de la hauteur, puis dégagements bénéficiaires dès les 3 200 pts atteints pour une rechute sous les 3 000 pts, les valeurs bancaires accusant alors les plus fortes baisses. Dans le même temps, on observera le rebond des cours du pétrole et le repli de l’once d’or dans la phase dite « 1 » qui semble correspondre à l’anticipation d’une reprise économique, la phase « 2 » faisant l’objet de l’exact contraire alors même que les arbitres auto-proclamés des marchés sifflent le faux départ. Dès lors, qu’en est-il de la prise en compte des fondamentaux économiques et, consécutivement, des valorisations actuelles ? On peut évidemment se le demander tant le marché, tourné qu’il est vers l’attentisme mâtiné de scepticisme, semble faire peu de cas de ces données. Mais qu’attend-il au juste ? Quels peuvent être les éléments qui pourraient permettre aux indices de reprendre leur marche en avant ? Alors que les entreprises continuent de publier leurs résultats annuels et font état, pour celles qui l’osent, de prévisions là encore très prudentes, les Bourses semblent avoir perdu de leur rôle anticipateur. Celles-ci restent en effet ancrées dans le passé récent et ne se tournent qu’avec grandes difficultés vers l’avenir. Sauf à croire que le paradigme qui prévalait jusque-là est à battre en brèche. Ou  comment « jeter le bébé avec l’eau du bain »... C’est ainsi qu’un thème récurrent a fait son apparition, celui d’une réduction durable du poids des actions dans les portefeuilles. Selon un sondage réalisé par Bfinance auprès d’une trentaine d’acteurs du secteur financier, le « dogme » du 60/40
(60 % investis en actions et 40 % en obligations) aurait vécu. Les fonds de pension, qui appliquaient à la lettre cette répartition envisageraient ainsi de réduire leur exposition sur les actions en 2009 et sur les trois prochaines années, ce qui risquerait, immanquablement, de freiner tout rebond durable. Manifestement, ces grands financiers ne semblent plus guère croire à ce qui aurait pu, pourtant, être gravé en lettres d’or aux frontispices des bâtiments qui accueillent les Bourses : post decimum annum semper lucrum facimus (« Après la 10éme année, nous faisons toujours des bénéfices »). Tout comme cette étude, réalisée en octobre dernier en plein cœur de la crise, de nombreux universitaires et économistes de marché tentent, sur le tard, d’expliquer que la détention d’actions sur le long terme ne serait finalement pas un gage de sécurité. Les papiers de recherche, orientés pour coller à la réalité, sont actuellement très nombreux sur le sujet et leurs conclusions oublient, bien souvent, que sur des séries statistiques dites longues, des corrélations entre « tout » et « rien » peuvent être considérées comme significatives (il en est ainsi de l’évolution boursière et de l’apparition des tâches solaires...). Les temps difficiles sont toujours pain béni pour ceux qui prophétisent le pire. Sur ce point, « rien de nouveau sous le soleil »... Vous le savez à nous lire, nous préférons le plus souvent exprimer notre opinion, ce qui nous semble plus intéressant pour nos lecteurs et bien plus honnêtes quoique plus
« risqué ». Il ne s’agit pas là d’une simple posture qui consisterait à croire que la majorité a toujours tort, mais tout simplement que le consensus ne saurait détenir la vérité. Dès lors, nous ne croyons pas à ce catastrophisme ambiant, aux études qui montrent que la détention d’actions sur le moyen terme est tout à coup devenue risquée, que tout a changé ou qu’il convient de tout changer. Certains pourraient alors nous taxer de conservatisme. Ceux-là oublient que la simple prise en considération des critères habituels de valorisation aurait permis d’éviter à beaucoup de sombrer dans l’éclatement des nombreuses bulles spéculatives de ces dernières années (technologie, immobilier, matières premières, crédit...) et que sur ces points, nous n’avons pas eu à rougir de nos choix. Nous restons donc convaincus que le coup de froid actuel ne saurait présager d’une période durable de glaciation. Quelques mois seront nécessaires pour permettre aux investisseurs de mieux apprécier l’évolution des fondamentaux économiques et l’efficacité des plans de relance votés par presque l’intégralité des pays de notre planète. Dès lors, un certain nombre d’indicateurs sont à considérer avec attention. Il en est ainsi du marché de l’immobilier américain, celui par qui le « mal » est arrivé. Certaines statistiques semblent indiquer que le fond a été touché mais il nous semble encore un peu tôt pour en être convaincus. L’amélioration de la santé financière des banques doit également être perçue comme un facteur d’apaisement. N’oublions pas que par l’octroi des prêts, les établissements financiers constituent la cheville ouvrière de l’économie. La réouverture – raisonnée ! – du robinet du crédit permettrait ainsi aux ménages et aux entreprises de redresser le tête. Sur ce point, on constate que le taux interbancaire (le prix auquel les banques se prêtent de l’argent) n’a eu de cesse de se replier depuis le point haut touché en novembre dernier. C’est là un bon signe. Mais face à des ratios de solvabilité dégradés, les banques peinent à répercuter cet assouplissement et préfèrent, pour l’heure, préserver (accroître ?) leurs marges. L’amélioration de la situation est malgré tout en marche, mais celle-ci ne saura être complète et immédiate. Laissons donc encore un peu de temps au temps et poursuivons nos achats/renforcements et ventes/allégements avec méthode.

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