Au-delà de nos sélections (Favorites et Opportunités), quelles valeurs ont fait parler d’elles durant la trêve estivale ?
Nos avis ne constituent pas un conseil d’achat ou de vente, sauf mention du contraire
Apple convainc Donald Trump
Le rebond des ventes d’iPhone enregistré au 2ème trimestre (+13,5%) sera-t-il durable ? Les marchés ont émis de sérieux doutes, conscients que cette envolée des commandes sur la période s’explique par l’anticipation d’une hausse des prix liée à la mise en place des nouveaux droits de douane américains. Ces achats de « précaution » ont permis à Apple d’enregistrer une hausse de son chiffre d’affaires de +10% sur le trimestre. De quoi faire oublier le retard que semble avoir pris la firme à la pomme dans le domaine de l’Intelligence artificielle (IA) ? Pas vraiment. Pour autant, le géant californien pourrait avoir remporté une importante bataille contre… Donald Trump. En promettant d’investir 600 Mds $ en quatre ans aux Etats-Unis, il aurait convaincu le président américain de l’épargner. Ainsi, Apple devrait échapper à la plupart des droits de douane.
Donald Trump restera-t-il constant ? Difficile à dire. Or, les droits de douane ne sont pas le seul problème de la société. Son titre gagne +2,1% sur un an. Le S&P500 +16,1%…
Amazon : une déception vite oubliée
Le 1er août, l’action du géant américain chutait de -8,27% suite à la publication de ses résultats trimestriels. Les marchés ont mal accueilli la performance de sa division phare, Amazon Web Services (AWS). Une déception qui contrastait avec les belles réussites de ses concurrents dans le cloud (informatique à distance) que sont Alphabet (voir page 4) et Microsoft. Ainsi, Amazon a fait état à cet égard d’une croissance de ses ventes de +17,5% à 30,9 Mds $ et d’un bénéfice opérationnel associé au plus bas depuis le 4ème trimestre 2023. Si AWS représente une petite part du chiffre d’affaires de la société, il en est autrement en termes de bénéfices alors que cette activité affiche une rentabilité d’exploitation proche de 60%. La hausse des dépenses d’investissement liée à l’Intelligence artificielle (IA) commence d’ailleurs à rogner les marges de cette division.
Très vite toutefois, l’action est repartie de l’avant. Elle a presque désormais effacé le trou d’air de début août, profitant de l’optimisme ambiant.
Valneva : un été de forte hausse
La société spécialisée dans le développement, la fabrication et la commercialisation de vaccins prophylactiques a été particulièrement entourée pendant la pause estivale. Entre début juillet et aujourd’hui, son action a en effet bondi de +112%. Plusieurs bonnes nouvelles expliquent cet intérêt retrouvé pour la valeur (souvenons-nous de la période covid…). Valneva a profité de la décision de l’Agence européenne des médicaments (EMA), laquelle a levé la restriction temporaire sur l’utilisation de son vaccin contre le virus du chikungunya chez les personnes âgées de 65 ans. Les Etats-Unis pourraient faire de même prochainement. Par ailleurs, l’autorité sanitaire canadienne a décidé d’étendre l’indication de ce même vaccin aux personnes âgées de 12 ans et plus. Dans le même temps, l’OMS a mis en garde sur un risque de répétition de l’épidémie mondiale de 2005/2006 partie de l’océan Indien… ce qui devrait augmenter les commandes.
Valneva ne devrait être rentable qu’en 2027, selon les analystes.
Teleperformance, de nouveau et lourdement sanctionné
Début août, l’action du leader mondial de la relation client (centres d’appels) touchait un nouveau plus bas à 65,02 €. Depuis son sommet historique, la dégringolade de ce dossier autrefois chéri par les investisseurs particuliers ressort à -83%. Cette fois encore, et comme un véritable métronome, les résultats trimestriels de Teleperformance ont été sanctionnés. La conjoncture reste évidemment difficile et incertaine, mais ce sont surtout les craintes concernant l’arrivée des nouvelles technologies d’Intelligence artificielle (IA) qui sont venues bouleverser la société. Sur les six premiers mois de l’année, son chiffre d’affaires n’a progressé que d’un maigre +0,8%, tandis que la croissance organique des services spécialisés à fortes marges est ressortie négative (-7%). Enfin, la capacité d’autofinancement s’est avérée inférieure à celle enregistrée l’an passé. Les acquisitions récentes ne rapportent donc rien…
ou si peu.
La valorisation est très basse, mais les défis sont très nombreux.
Nouvelle tempête boursière pour Orsted
Le champion danois de l’éolien n’en finit pas de chuter en Bourse. Il est vrai que le contexte politique américain redonne de la voix aux adversaires de cette source d’énergie dont les défauts sont désormais systématiquement mis en avant, après avoir été généralement occultés. Si les résultats d’Orsted ont été globalement meilleurs que prévu (Ebitda en hausse de +9%), les difficultés persistantes rencontrées sur son portefeuille offshore aux Etats-Unis ont conduit la société à annoncer une augmentation de capital record portant sur près de 8 Mds €. Pour les actionnaires, c’est donc une dilution qui se profile. D’un point de vu stratégique, des annonces ont été faites : l’activité offshore se concentrera à l’avenir sur les marchés européens clés et certaines opportunités en Asie-Pacifique, avec un désengagement progressif des développements engagés aux États-Unis.
S’agit-il d’une mauvaise passe ? Certains le pensent. D’autres estiment que le groupe pourrait être démantelé. Nous restons à l’écart.
Adyen déçoit, mais limite sa chute
La croissance du chiffre d’affaires du spécialiste néerlandais des paiements est ressortie à +20% au 1er semestre à 1,1 Md €. Voilà qui contenterait bien des firmes, dans le secteur ou ailleurs. Mais il s’avère que les attentes des analystes n’ont pas été atteintes.
Il en a été de même pour la marge du groupe (50% malgré tout !) et le bénéfice avant intérêt, impôts, dépréciation et amortissement (Ebitda). Et surtout, Adyen a revu en baisse ses perspectives annuelles de croissance des ventes, évoquant à cet égard un ralentissement de ses volumes d’activité persistant jusqu’à la fin de l’année. Certains commerçants de la région Asie-Pacifique auraient été négativement affectés par les droits de douane américains. La firme prévoit désormais une croissance de son chiffre d’affaires net annuel en ligne avec sa performance du 1er semestre, alors qu’elle tablait auparavant sur une accélération.
Le jour de la publication, l’action a joué au yo-yo avant de se stabiliser sur un repli limité de -5%. Elle cède -23% sur ses récents plus hauts.
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