La crise française ne trouvera pas d’issue favorable à court terme. L’aveuglement de notre classe politique doit vous inciter à réduire votre exposition à certains compartiments. Et au marché français, en général.
La France traverse une période d’incertitude politique et budgétaire qui risque de peser dans la durée sur plusieurs segments cotés. Dans ce contexte, il convient de faire preuve de prudence (« mieux vaut prévenir que guérir »). Et d’ajuster votre stratégie en conséquence.
La dette française sous pression
Les obligations d’État françaises subissent une pression constante. Malgré les efforts de la Banque centrale européenne (BCE) pour peser sur les taux d’intérêt (l’institution a réduit le loyer d’argent, mais elle intervient également pour éviter les écarts excessifs de coûts d’emprunt entre les pays de la zone euro), les rendements des obligations françaises à dix ans demeurent, non seulement orientés à la hausse, mais à des niveaux records depuis la crise de la zone euro en 2011.
La situation est le reflet d’une immaturité politique et d’une irresponsabilité budgétaire persistante dans l’Hexagone, lesquelles limitent le potentiel de redressement et augmentent le risque de décrochage du pays.
Pourquoi investir aujourd’hui sur la dette française ? Dans l’anticipation d’un miracle qui verrait nos dirigeants brusquement assumer leur rôle et s’attaquer à la réduction des dépenses publiques comme du déficit ? Soyons sérieux. L’aveuglement idéologique est bien trop profond pour espérer une telle reprise en main.
Dès lors, le potentiel de ce type d’investissement paraît très limité alors que le risque grimpe au contraire à chaque épisode de turbulence politique.
En septembre dernier, nous avions choisi de sortir d’un ETF investi en obligations européennes (et françaises à hauteur de 25%). Nous restons à l’écart de la dette française, conscients qu’une contagion européenne ne peut être exclue en cas de turbulences prolongées. Même si la crise immédiate venait à être contenue, la dégradation se poursuit, semaine après semaine, mois après mois.
Des actions sensibles aux turbulences
Le marché actions n’échappe pas aux effets de cette crise. Les banques et assureurs, principaux détenteurs de la dette française, se trouvent particulièrement exposés.
Nous privilégions là aussi la prudence et restons à l’écart de ces valeurs toujours très volatiles (d’autant plus après leur récent parcours « haussier »).
Le secteur de la consommation grand public, très dépendant de la confiance et de la consommation des ménages, est également fragile. Des entreprises comme Carrefour présentent désormais un risque accru. L’environnement politique alimente en effet l’incertitude et l’inquiétude des ménages.
Par ailleurs, les concessions et les groupes dépendants de la commande publique française comme européenne pourraient également subir de nouveaux assauts vendeurs. Certaines mesures proposées par différents partis politiques ciblent directement ces activités. Nous avons ainsi décidé de réduire notre limite d’achat sur Vinci à 105 €, par précaution.
Alstom reste, pour l’heure, dans notre sélection des Opportunités, car la croissance de son activité provient de plus en plus des marchés étrangers, ce qui offre une certaine protection face à la « volatilité » domestique. Mais nous resterons vigilants.
Construction : un marché incertain
L’immobilier français représente un autre segment délicat. La reprise en cours pourrait être compromise, plus particulièrement dans le secteur de la construction, directement dépendant de l’activité économique, des politiques publiques et de l’évolution des taux longs.
Nous décidons donc de sortir du dossier Altarea, jugé trop exposé. Notre position sur l’ETF Amundi PEA Immobilier Europe est en revanche conservée car il affiche une exposition limitée à la France.
Baisse de l'euro, retour des actions internationales ?
La crise actuelle soulève également la question de l’euro. Dans un contexte de fragilité budgétaire française, laquelle pourrait finir par semer la discorde au sein de l’Union, la devise européenne peut-elle poursuivre son ascension face au dollar ?
A notre sens, non, ce qui permet d’envisager des gains de change sur les valeurs américaines après plusieurs mois de chute du billet vert. Pour sortir du « bourbier français », il peut être adéquat de se tourner vers des valeurs internationales peu dépendantes de la consommation française et exposées au dollar.
Les dossiers décotés dans ce domaine, comme LVMH, peuvent ainsi représenter des pistes pour diversifier un portefeuille français, tout en limitant l’exposition aux risques nationaux.
La crise politique et budgétaire française impose une vigilance accrue. Selon nous, il faut éviter la dette française, les banques, les assureurs, les valeurs exposées à la consommation intérieure et les entreprises dépendantes de la commande publique hexagonale. Ce qui doit vous inciter à poursuivre l’internationalisation de vos portefeuilles. Trop d’entre vous affichent encore une exposition excessive (plus de 30%) au marché français, lequel compte de moins en moins sur la scène internationale.
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