Semaine du 2 au 8 juin 2026
L’emballement autour de l’Intelligence artificielle (IA) a-t-il vécu ? En fin de semaine, la question se posait alors que le Nasdaq 100 dégringolait de -4,77% sur la seule séance de vendredi, après avoir déjà cédé du terrain la veille. Une baisse dont l’ampleur n’avait plus été vue depuis avril 2025, lors de la présentation par Donald Trump des « droits de douane réciproques ». Ce lundi toutefois, un rebond était observé, preuve que les acheteurs restent encore présents.
Pour autant, ceux-ci semblent s’interroger.
Tout d’abord sur la soutenabilité de la thématique IA, au sens large. L’indice des fabricants de microprocesseurs a en effet bondi de +50% environ en l’espace de deux mois seulement. Le terme d’exubérance est ainsi revenu sur le devant de la scène, même si le P.-D.G. de Nvidia a jugé exagérée la crainte des investisseurs. « Nous ne construisons cette infrastructure que depuis un an et nous avons donc encore de nombreuses années de développement devant nous », a souligné Jensen Huang.
Les marchés se questionnent également sur les conséquences des introductions géantes à venir (SpaceX, Anthropic et OpenAI). D’importantes liquidités vont être absorbées par ces opérations, comme par les augmentations de capital d’Alphabet et Meta, au risque de provoquer une réallocation des portefeuilles.
Par ailleurs, la question de la politique monétaire se posait. Prenant prétexte de chiffres de l’emploi bien plus vigoureux que prévu, les marchés redoutent que la Réserve fédérale ne soit contrainte de relever le loyer de l’argent. Donald Trump a d’ores et déjà mis la pression sur Kevin Warsh, l’enjoignant fermement à… baisser les taux. Ainsi et selon le Bureau of Labor Statistics, les Etats-Unis ont créé 172 000 emplois en mai. Le consensus ressortait à un niveau très nettement inférieur (88 000). Par ailleurs, les chiffres de mars et d’avril ont été révisés à la hausse. Ainsi, les créations de postes affichent leur plus forte progression sur une période de trois mois depuis deux ans. La hausse des cours du pétrole et celle des prix qui s’en est suivie ne sont, semble-t-il, pas assez fortes pour faire dérailler l’économie américaine. Et les investisseurs de redouter que la Fed ne choisisse de durcir le ton dans son discours en préparant les esprits à une hausse de taux, ce qui ne correspond pas du tout à leurs attentes. Réponse le 17 juin, date du prochain FOMC.
Sur le front du Moyen-Orient, la visibilité restait absente. L’Iran a repris ses frappes contre Israël, et ce dernier lui a répondu. Le pétrole n’a finalement guère évolué, le baril de WTI oscillant autour des 90 $.
L’once d’or, à 4 337 $, a effacé tous ses gains de 2026. Malgré les tensions persistantes au Moyen-Orient, la relique barbare ne parvient pas à faire office de valeur refuge. Les chiffres robustes de l’emploi aux États-Unis ont renforcé les attentes d’un relèvement des conditions de crédit par la Réserve fédérale. Or, la hausse des taux d’intérêt a tendance à peser sur l’or, qui ne génère aucun rendement.
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