Après des mois de discussions et plusieurs reports, la Commission européenne (CE) a dévoilé sa définition du « contenu local » destiné à protéger le secteur automobile de la concurrence chinoise. C’est évidemment un compromis qui a été trouvé. Et comme tous les compromis, il ne séduit pas tout le monde.
Si les équipementiers se sont montrés plutôt satisfaits de la création d’un principe de préférence européenne et du seuil arrêté pour le contenu local (70% hors batterie), ils jugent trop restrictif le périmètre retenu, plus spécialement dans les moteurs thermiques. La définition d’une production en Europe est également considérée comme trop floue, ce qui laisse penser que des importations de « kits » produits en Chine, mais à assembler sur le Vieux continent, seraient considérés comme « produits en Europe ».
Enfin et surtout, c’est l’élargissement à une quarantaine de pays en dehors même des frontières de l’Europe, qui interroge. Certains d’entre eux disposent en effet d’une structure de coûts très basse, comme le Maroc et la Turquie. Ce qui pourrait inciter les équipementiers chinois à y localiser certaines de leurs usines et ainsi « contourner » la législation.
Par ailleurs, les constructeurs qui privilégient les volumes semblent devoir y gagner, ce qui n’est pas le cas de ceux qui sont positionnés sur le haut de gamme et tournés vers l’exportation. Des tensions apparaissent clairement (ici aussi…) entre la France et l’Allemagne.
Ainsi et pour résumer, beaucoup de questions restent posées. « Nous faisons aux entreprises chinoises ce que la Chine fait aux entreprises européennes depuis vingt ans », a déclaré un négociateur européen, cité par Les Echos. Voilà qui pose question. Pourquoi avoir attendu autant ? Accepté des massifs transferts de technologies via la création de société communes ? Et que restera-t-il des intentions affichées une fois que chaque partenaire aura tiré la couverture vers lui ? Le « réflexe européen » n’existe finalement que dans les grandes déclarations politiques et non dans les actes. Ce qui devrait se vérifier, encore une fois…
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