Bourse : les yeux sur l’Iran et le pétrole

Iran pétrole bourse

Semaine du 24 février au 2 mars 2026

La fin de cette dernière semaine boursière a été pour le moins mouvementée. Alors que le CAC40 avait inscrit un nouveau record historique à 8 642 pts et que les craintes liées à l’Intelligence artificielle (IA) perdaient en intensité, l’offensive israélo-américaine en Iran teintait de rouge la Bourse parisienne (-2,17%), comme ses homologues européennes, asiatiques et américaines.

Les frappes contre l’Iran (et les réponses de cette dernière) ont ravivé la question de la sécurité énergétique pour l’économie mondiale. La perturbation des flux de pétrole et de gaz du Moyen-Orient transitant par le détroit d’Ormuz (20% de l’offre mondiale) provoquait une hausse des prix de l’or noir. Le baril de WTI grimpait jusqu’à 75 $, contre 55 $ il y a de cela quelques mois, pour retomber toutefois vers 70 $.

L’or profitait de la situation (sommet touché à 5 598 $ l’once), avant de refluer en raison de la hausse du billet vert (1,1680 $/€). Le VIX (indice de la volatilité) bondissait de +18%. Mais là encore, une accalmie était très vite observée. Les tensions observées en début de journée se sont quelque peu assagies. En d’autres termes, les marchés ont pris acte de la situation, mis pour l’heure les excès  de côté et semblaient vouloir attendre la suite. Tout en craignant une escalade et une déstabilisation plus profonde de la région.

Le dollar profitait de son statut de valeur refuge sur fond de craintes d’un embrasement du conflit au Moyen-Orient. Dans le même temps, les devises des pays les plus exposés aux (hypothétiques) pénuries d’énergie, comme l’euro, perdaient du terrain. L’indice du dollar, qui mesure la devise américaine face à un panier de monnaies dont le yen et l’euro, a progressé de +0,59% à 98,65, tandis que l’euro reculait à 1,1680 $.

Du côté des valeurs, le luxe, l’hôtellerie et les compagnies aériennes étaient sous pression. Avant cela, les marchés s’étaient intéressés à Nvidia dont les trimestriels avaient été accueillis de manière négative (-5,5%). Tandis que le compartiment des logiciels retrouvait des couleurs, soutenu par des déclarations jugées rassurantes… du P.-D.G. d’Anthropic.

Sur le plan « macro » et aux Etats-Unis, les chiffres des inscriptions au chômage étaient moins commentés que ceux des prix à la production. La hausse des prix à la production aux États-Unis n’a pas été du goût des investisseurs. En janvier, le « PPI » est ressorti en hausse de +0,5% d’un mois sur l’autre, contre un consensus de +0,3%. Sur un an, sa hausse atteint +2,9%, pour +2,8% attendu. Hors alimentaire et énergie, le « core PPI » a progressé de +0,8% par rapport au mois antérieur, contre +0,5% pour le consensus. Sur un an cette fois, l’indice sous-jacent s’inscrivait en hausse de +3,6%, bien au-delà du consensus (+3%).

L’accalmie évoquée par Donald Trump lors de son discours sur l’état de l’Union (« l’inflation chute ») ne se voit donc pas dans les chiffres. La hausse des cours du pétrole liée à l’offensive en Iran risque par ailleurs de provoquer un nouveau rebond des prix.

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