Le Groenland jette un froid sur les marchés

Trump Groenland

Semaine du 13 au 19 janvier 2026

La volonté de Donald Trump de faire main basse sur le Groenland et d’annihiler toute résistance européenne a fait reculer les marchés boursiers.

Comme à son habitude, le Président américain a dégainé l’arme des droits de douane. Coupables d’avoir envoyé des soldats à Nuuk, le Danemark, la Norvège, la Suède, la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni, les Pays-Bas et la Finlande se verraient ainsi appliquer une surtaxe de +10% sur les marchandises envoyées aux États-Unis. Laquelle serait portée à +25% jusqu’à ce qu’un accord soit conclu pour la vente complète et intégrale du Groenland aux Etats-Unis.

De son côté, et à la demande d’Emmanuel Macron, l’Union européenne étudiait l’opportunité d’activer l’instrument anti-coercition. Jamais utilisé, ce dispositif peut conduire à fermer l’accès aux marchés publics européens ou à bloquer certains investissements. Donald Trump a également menacé d’appliquer des surtaxes de +200% sur les vins et spiritueux français après que le Président français eut refusé de rejoindre son « conseil de paix ».

Ces disputes entre pays supposés alliés et la crainte d’une escalade ont fait reculer les actions, à l’exception de quelques secteurs dont la nature stratégique est renforcée par la montée des tensions.

Cet épisode « trumpien » a fait progresser le dollar ainsi que les rendements obligataires américains en dépit des bons chiffres de l’inflation, ce qui va à l’encontre des objectifs économiques et politiques de l’administration Trump (les sondages pour les midterms ne lui sont pas favorables).

Ainsi aux Etats-Unis, l’indice des prix à la consommation (« CPI ») au titre de décembre est ressorti en hausse de +0,3% sur un mois et de +2,7% sur un an, en ligne avec les attentes des économistes. En excluant les prix des denrées alimentaires et de l’énergie, l’inflation a atteint +0,2% sur un mois et +2,6% sur un an. La santé (+3,5%), le logement (+3,2%), l’alimentation (+3,1%) et l’énergie (+2,3%) ont été les principaux moteurs de la hausse des prix en 2025. Un reflux est toutefois attendu au cours des prochains mois, notamment grâce au retournement du marché locatif. Sur le compartiment obligataire, cette publication a été favorablement accueillie. Avant que le « sujet groenlandais » ne vienne bouleverser la donne.

Sur le front des entreprises, les résultats des banques américaines sont passés au second plan. Le secteur des cartes de crédit (Visa, Mastercard) a poursuivi son recul alors que le Président américain a répété vouloir plafonner les taux d’intérêt appliqués aux consommateurs à 10%.

Enfin, la Chine a atteint son objectif de croissance pour 2025, fixé à +5%, conformément aux attentes. Le dernier trimestre a toutefois été marqué par un net ralentissement (+4,5%). De manière générale, les exportations demeurent le moteur de l’économie chinoise en dépit des droits de douane américains, alors que le consommateur continue de faire preuve de prudence. La réaction des investisseurs est restée timorée. 

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