Les marchés ont pris peur vendredi 10 octobre après l’annonce par Donald Trump d’une hausse sensible des droits de douane concernant les importations venant de Chine.
Pour Donald Trump, une trahison
Depuis quelques mois, l’euphorie boursière est de mise, comme l’illustre la succession de records sur les indices américains et européens (la France accusant un retard pour des raisons de politique intérieure). Deux justifications sont avancées.
La première renvoie au développement de l’Intelligence artificielle (IA) porté par des investissements pléthoriques.
La seconde tient à la signature d’accords commerciaux entre les Etats-Unis et plusieurs de leurs partenaires.
Après le choc du « Liberation Day », les investisseurs estiment que le pire a été évité. Ce qui constitue en soi une bonne nouvelle. Il y a encore très peu de temps, les marchés semblaient d’ailleurs convaincus que Washington et Pékin pouvaient trouver un terrain d’entente : Donald Trump ne se dégonfle-t-il pas toujours (souvenez-vous de l’effet « TACO ») ?
C’est dans ce cadre que ses annonces en date du 10 octobre ont jeté un froid sur les marchés, entraînant une chute du Nasdaq 100 de -3,49% sur cette seule séance.
Que s’est-il passé ?
Donald Trump a annoncé vouloir relever les droits de douane de +130% sur un grand nombre d’exportations chinoises vers les Etats-Unis à compter du 1er novembre, en réponse à une offensive de l’ex-Empire du Milieu dans le domaine des terres rares où il possède un quasi-monopole.
Pour Donald Trump, Xi Jinping l’a trahi, car sur ce sujet ô combien sensible (les terres rares sont indispensables à tous les éléments électroniques, des puces aux ordinateurs, en passant par les systèmes militaires…), un accord avait été trouvé durant l’été entre les deux puissances. D’où son courroux et sa réaction…
Face à la baisse des marchés, une nécessaire temporisation
Depuis ce week-end, les administrations américaine et chinoise tentent de calmer le jeu. L’une et l’autre ne peuvent se satisfaire d’une chute des marchés, lesquels ont une fois encore fait office de juge de paix.
Ainsi, Donald Trump a indiqué qu’il se rendrait en Corée du Sud à la fin du mois afin de rencontrer son homologue chinois, comme prévu. Et qu’il n’avait pas pour objectif « de nuire à la Chine ».
Du côté de Pékin qui semble avoir très bien assimilé « l’art de la négociation », les intentions se font également moins bellicistes.
Mais l’objectif de la Chine reste de lever les restrictions imposées par Washington sur le commerce de produits sensibles et de technologies avancées. Quitte à mettre dans la balance 1 000 Mds $ d’investissements aux Etats-Unis, selon la presse américaine.
L’échéance du 1er novembre laisse près de deux semaines aux protagonistes pour trouver un accord. Certains analystes supposent d’ailleurs que ce nouvel (et bref) accès de tension pourrait permettre de débloquer la situation.
Deux enseignements à en tirer
Les postures des uns et des autres ne doivent pas faire oublier que les terres rares (et plus globalement les matières premières) constituent désormais le cœur battant de l’affrontement entre les grandes puissances. C’est d’ailleurs dans ce cadre qu’un véritable nationalisme économique émerge, y compris aux Etats-Unis.
Nous sommes positionnés sur cette thématique au sens large et cherchons à initier cette semaine une nouvelle position dans le cadre des Opportunités sur Solvay.
L’autre enseignement de ce bref épisode « baissier » tient à la fragilité manifeste des marchés face à toute mauvaise nouvelle. Il en est logiquement ainsi lorsque les valorisations dépassent les standards admis (le S&P500 se paie 28 fois les bénéfices attendus sur 2025, contre 20 habituellement).
D’ailleurs, nombre d’analystes évoquent désormais ouvertement une bulle de l’IA entretenue par la « circularité » des investissements. Et s’inquiètent de l’hyper-concentration des indices dont la performance repose sur une poignée de valeurs (Nvidia, Alphabet, Meta et Microsoft comptent pour 50% de la valeur du Nasdaq 100).
Vous devez faire le point sur vos positions, réduire les éventuels déséquilibres et, le cas échéant, alléger celles qui doivent l’être, comme nous l’avons fait il y peu.
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