Hausse du prix des métaux : pourquoi ?

mine de cuivre et bobine de cuivre

Glencore, Rio Tinto et l’ETF Global X Copper Miners sont actuellement très entourées. Comment expliquer la hausse de ces titres ?

Des craintes de récession vite oubliées

Il y a quelques mois, la thématique des métaux était délaissée par les investisseurs. Il est vrai que la guerre commerciale lancée par Donald Trump contre le reste du monde faisait craindre un ralentissement significatif de la croissance à l’échelle de la planète. Avec, pour conséquence, une moindre demande pour le zinc, l’aluminium, le fer ou encore le cuivre.

Les fonds cotés et les ETF spécialisés chutaient lourdement en avril, le point bas étant touché au moment du « Liberation Day » (jour de l’annonce par le Président américain de droit de douane additionnels).

rès vite toutefois, car contraint et forcé par les conséquences de son action, l’hôte de la Maison Blanche a fait marche arrière. Tandis que des accords bilatéraux étaient signés, sur des bases jugées finalement acceptables par les marchés.

L’hypothèse d’un fort ralentissement conjoncturel étant écartée, le cours des métaux est reparti à la hausse. Ainsi, en seulement cinq mois de temps, l’aluminium a repris +13% et le cuivre +20%. Plus récemment, une accélération était même à noter. En voici les raisons.

Une amélioration du côté de la demande chinoise

La demande pour les métaux est cyclique, c’est-à-dire liée à l’état de santé de l’économie mondiale. Et plus particulièrement à celle de la Chine dont l’industrie (sidérurgie, construction, batteries…) consomme 50% des métaux produits.

Or si l’ex-Empire du Milieu reste confronté à une crise économique sévère, quelques signaux encourageants sont à noter, comme en atteste par exemple la hausse enregistrée par son PIB au 2ème trimestre (+5,2% en glissement annuel). Le dernier plan de relance adopté par le pouvoir central – qui devrait être complété dès que Pékin et Washington seront parvenus à un accord sur les droits de douane – permet d’espérer une accélération de la reprise.

Ce qui devrait donc soutenir la consommation de métaux industriels.

Des besoins en hausse

Malgré la faiblesse chinoise, la demande liée à l’électrification de l’économie (énergies renouvelables, voitures électriques, centrales) dope la consommation de cuivre, d’aluminium, de nickel, de zinc, d’étain et de fer (via l’acier). Le phénomène global de transition énergétique pourrait ainsi conduire à un doublement de la demande de cuivre et de nickel d’ici 2040, selon l’Agence international de l’énergie (AIE).

Alors que la numérisation (centres de données) génère aussi d’importants besoins, l’offre va-t-elle pouvoir suivre ?

Un manque d'investissements

En effet, les conséquences du manque d’investissements de la dernière décennie (dû aux réglementations environnementales et à des conflits locaux…) sont désormais visibles.

Et plus particulièrement pour le cuivre qui devrait afficher un déséquilibre persistant entre une offre contrainte et une demande en hausse. Sans investissements massifs (de l’ordre de 15 Mds $ à 20 Mds $ par an), le déficit pour le métal rouge pourrait atteindre 10 millions de tonnes par an d’ici 2040.

Pour le fer, la prochaine mise en marche de la mine guinéenne de Simandou va changer la donne avec une polarisation du marché (le minerai de qualité se paierait avec une prime).

Une baisse des taux saluée

Enfin, la Réserve fédérale américaine s’est engagée la semaine passée dans un (très probable) cycle d’assouplissements monétaires. Ce tournant tend à encourager les achats « spéculatifs » car il devrait stimuler la demande dans la durée.

A cet égard, la dépréciation du dollar face aux autres devises est perçue comme positive, car elle rend les métaux (libellés en billets verts) plus abordables pour les importateurs.

Le marché reste soumis à d’importantes variations de prix et à des excès, dans un sens comme dans l’autre. Voilà qui nous permet de « travailler » efficacement Rio Tinto et Glencore sur lequel de nombreux allers-retours gagnants ont été opérés.

Nos deux Favorites ont progressé récemment, mais moins que l’ETF Global X Copper Miners qui appartient aussi à notre sélection centrale.

Reste à évoquer un soutien moins évident mais incontournable : le mouvement de déglobalisation et la montée des nationalismes fait des métaux une ressource stratégique et disputée. Les tensions géopolitiques s’accentuent, ce qui va participer, en toile de fond, à la hausse des prix.

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