Taux : des tensions généralisées

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La crise politique que traverse la France a d’ores et déjà des répercussions financières. Le déséquilibre budgétaire est documenté de longue date. Il y a plus de 20 ans, nous nous en faisions déjà l’écho ici même et n’avons cessé – quitte à en lasser certains – d’y revenir.

Il est vrai que la situation n’a fait qu’empirer au gré des crises et des renoncements à réformer un « modèle social » qui n’en est plus un depuis longtemps. Pour autant, une prise de conscience, que nous espérons durable, semble enfin avoir eu lieu.

Mais il serait toutefois trop confortable de limiter notre propos à la France. Car les marchés nous l’ont montré, encore une fois cette semaine : le problème de l’excès d’endettement s’avère plus global et les tensions observées sur les taux ne sont pas l’unique apanage de la dette française.

En Angleterre, les coûts d’emprunt à 30 ans ont ainsi atteint leur plus haut niveau depuis 1998.

Aux Etats-Unis, les taux longs, ici encore, sont venus flirter avec les 5% avant de connaître un répit suite à la publication de plusieurs indicateurs économiques mitigés

Sur l’archipel japonais, les papiers à 30 ans affichaient un rendement de 3,285%, à leur plus haut historique.

Alors que les investisseurs continuent d’acheter les obligations d’entreprises (corporates), toujours vues comme sûres y compris dans le compartiment à risque élevé (high yield), ils se font manifestement de plus en plus regardant lorsqu’il s’agit d’emprunts d’Etat.

Si des raisons techniques peuvent expliquer en partie les tensions actuelles (la « rentrée  » de septembre est marquée par un retour généralisé des emprunteurs sur le marché, lesquels doivent donc attirer les capitaux avec des rémunérations attractives), il existe une tendance de fond qu’il n’est pas possible d’ignorer.

De toute évidence, la crainte qui s’exprime ici est celle d’une dérive budgétaire plus marquée de la part des Etats, quelles qu’en soient les raisons.

La complaisance budgétaire a un prix : celui que le marché exige à ceux à qui il prête. Dans ce cadre général, la crise politique française arrive au plus mauvais moment.

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