Que retenir de l’été en Bourse ?

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En écho à notre analyse parue dans le PU # 3154 en page 4 (« Les dossiers de la rentrée »), nous revenons sur les changements intervenus dans les quatre thématiques identifiées alors.

#1 La politique monétaire de la Réserve fédérale

Les attentes des marchés en termes de politique monétaire – qui ont significativement participé à la hausse des marchés américains – pourraient être comblées. En effet, lors du symposium de Jackson Hole, le Président de la Réserve fédérale a évoqué une possible baisse de taux directeurs.

Aucun engagement ferme n’a été pris par Jerome Powell et aucune date n’a été non plus précisée (les investisseurs parient toutefois sur un premier geste dès le mois de septembre), ce dernier évoquant des risques persistants pour le marché du travail, mais aussi la possibilité d’une inflation durablement élevée. Son ton a toutefois été jugé enfin conciliant. Pour rappel, les taux américains (Fed funds) restent inchangés depuis décembre 2024, dans la fourchette de 4,25% à 4,50%.

Dans le même temps, Donald Trump a continué de mettre la pression sur le Président de l’institution et sur plusieurs membres votants de cette dernière. Son but : nommer une majorité des sept membres de cet organe qui pourraient répondre à ses attentes en termes de politique monétaire, à savoir baisser les taux de manière rapide et importante.

Cette inflexion – les marchés parlent de pivot – a provoqué une embellie sur les actions, une détente de l’obligataire (le 10 ans est tombé à 4,25%) et un nouveau recul du billet vert (1,1742/€). Une baisse de taux dès septembre semble actée, sauf si les prochaines statistiques sur l’emploi (les révisions des chiffres de mai et juin ont laissé un goût amer aux marchés, début août) et l’inflation vont encore dans le « mauvais » sens (voir PU # 3155 / page 1). Prudence.

taux us 10 ans

#2 La guerre commerciale

Donald Trump a-t-il reculé, une fois encore, comme l’espéraient les marchés (le fameux « effet TACO ») ? Cela serait aller vite en besogne, mais on notera que l’accord signé avec l’Union européenne (UE) entérine une hausse des droits de douane de +15%, soit ce qui était attendu (le Président américain avait menacé de taxer les exportations européennes de +30%).

Plusieurs sociétés ont estimé que cette hausse des droits était « gérable ». D’autant que les tractations se poursuivent en vue d’obtenir des exemptions de la part des Etats-Unis sur certains biens et services.

Dans le même temps, un nouveau délai de 90 jours a été accordé à la Chine. Et Washington a fait des concessions à l’ex-Empire du Milieu dans le domaine – ô combien stratégique – des semi-conducteurs. Le Président américain est toujours aussi imprévisible, mais les marchés ont apprécié cette détente dans les relations entre les deux pays, comme en témoigne l’évolution des indices chinois.

Une fois encore, Trump a fait le matamore. Les marchés ont donc été globalement rassurés et l’incertitude sur ce point est devenue moins prégnante. Pour autant, les conséquences de cette hausse des tarifs douaniers vont mettre plusieurs mois à se répercuter sur les prix et donc sur les données de l’inflation. Donald Trump se veut rassurant, mais d’autres le sont moins.

hang seng

#3 Le bilan des résultats trimestriels

Les entreprises composant le S&P500 ont vu leurs bénéfices par action (BPA) croître de +11% en glissement annuel, dépassant les attentes du consensus, largement révisées en baisse depuis le printemps, qui ressortaient à +4%. Environ 83% des sociétés ont dépassé les attentes, avec un écart moyen de +7,1% par rapport aux prévisions. En termes de chiffre d’affaires, la hausse s’est avérée plus modérée et de l’ordre de +4,8%, reflétant une dynamique économique inégale.

La technologie et l’Intelligence artificielle (IA) ont une fois de plus porté cette performance, malgré quelques déceptions vite sanctionnées. Les marges nettes ont reculé dans plusieurs secteurs, impactées par la hausse des coûts (notamment les tarifs douaniers) et un effet de base moins favorable.

Les secteurs cycliques comme l’industrie et la consommation discrétionnaire sont restés sous pression, tandis que la santé montrait une certaine résistance.

Du côté des valeurs françaises, la tendance était plutôt bonne, mais toutes les déceptions, même à la marge, ont été sanctionnées, par exemple sur Accor, Sanofi, Bouygues, Axa ou encore Saint-Gobain.

Sur cette base, nous allons rapidement revenir sur le niveau de valorisation des actions.

#4 La situation budgétaire française

François Bayrou va demander un vote de confiance au parlement le 8 septembre prochain. Cette annonce a provoqué une baisse du CAC40 (-1,59% le lundi 25 août) et des tensions sur les taux (3,49% pour l’OAT à 10 ans).

Un nouvel épisode de la crise politique qui touche le pays depuis plus d’un an ne saurait être exclu dans l’hypothèse d’un renversement du gouvernement.

Cette situation pénalise les actions françaises qui souffrent d’une décote toujours significative. Et pèse évidemment sur les taux. Nous y revenons en page 12.

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