Renault, ASML et BlackRock

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Au-delà de nos sélections de valeurs (Favorites et Opportunités), quelles valeurs ont fait parler d’elles cette semaine ? Nos avis ne constituent pas un conseil d’achat ou de vente, sauf mention du contraire

Renault lance un avertissement sur ses perspectives

Le constructeur automobile a révisé ses objectifs annuels à la baisse. Il anticipe désormais une marge opérationnelle pour l’année 2025 autour de 6,5% contre au moins 7% précédemment, et un flux de trésorerie libre compris entre 1 Md € et 1,5 Md €, contre plus de 2 Mds €. Cet ajustement significatif intervient après un 1er semestre très inférieur aux attentes en termes de rentabilité (marge de 6% contre 8,1% attendu) et de génération de liquidités (flux de trésorerie de 47 M € contre 645 M € attendu). Renault affiche des stocks plus importants que prévu qui seraient dus au niveau décevant des volumes en juin.

Et dire que la stratégie était de privilégier la valeur aux volumes sur le plan commercial… Cet avertissement constitue une faute de la part du groupe. Il faut en effet se souvenir que la direction avait confirmé ses objectifs annuels le 1er juillet dernier. On comprend mieux le récent départ précipité de Luca de Meo vers d’autres horizons. Nous restons à l’écart de cette société qui pourrait, à terme, devenir une cible.

ASML jette le doute sur sa croissance

« Bien que nous nous préparions toujours à une croissance en 2026, nous ne pouvons pas la confirmer à ce stade ». Voici comment Christophe Fouquet, le P.-D.G. d’ASML, a mis le doute dans l’esprit des investisseurs. Selon l’entreprise, l’incertitude générée par les négociations douanières incite les fabricants de puces situés aux États-Unis à retarder la finalisation de leurs investissements locaux. D’autant que les droits de douane peuvent s’accumuler, les pièces utilisées par ASML faisant plusieurs fois le trajet entre les Pays-Bas et les États-Unis. Compte tenu de ce discours très prudent, les résultats positifs du 2ème trimestre ainsi que la prévision d’une croissance de +15% en 2025 ont été relégués au second plan.

Les trois dernières publications du groupe ont donné lieu à des ventes de la part des investisseurs. Le contexte géopolitique pèse très certainement. Mais des doutes semblent également naître sur le potentiel de croissance du groupe. Si l’euphorie actuelle autour de l’Intelligence artificielle (IA) ne porte pas ses ventes, que reste-t-il à espérer ?

BlackRock déçoit le marché

Le plus grand gestionnaire d’actifs au monde a vu ses résultats trimestriels sanctionnés bien qu’il ait dévoilé un nouveau montant record d’actifs sous gestion (12 530 Mds $, +17,6% sur un an). En réalité, les investisseurs ont été déçus de la collecte nette à long terme (46 Mds $, -9,8% sur un an), laquelle a été affectée par le retrait massif (-52 Mds $) d’un client institutionnel asiatique investi sur un fonds indiciel. La crainte est que d’autres sorties de ce type surviennent au cour des prochains mois de la part de clients institutionnels étrangers désireux de rapatrier leurs fonds hors des Etats-Unis. Autre problème pour BlackRock : la concurrence pèse sur les commissions qui ne progressent que de +6% en organique. Pour autant, les revenus (+12,6%) comme les bénéfices (+21,2%) restent très bien orientés.

Après avoir « surfé » sur l’essor des ETF, le groupe construit de nouveaux relais de croissance (non coté, services technologiques avec la plateforme Aladdin, expansion géographique). On surveillera le dossier et un éventuel impact négatif des sorties de capitaux étrangers.

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