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Bientôt une confirmation ? (rédigé le 27/05/2009)

(27/05/2009) Après la forte hausse des marchés boursiers aux mois de mars et d’avril, la majorité des investisseurs s’attendaient à ce que le mois de mai se traduise par une brutale correction des indices. Selon eux, les actions étant allées « trop haut, trop vite », il fallait inévitablement se préparer à une chute. Pour notre part, nous ne souscrivions guère à un tel scénario. Ce dernier était en effet basé, pour l’essentiel, sur le dogme boursier qui stipule de vendre à l’orée du mois de mai. Or, dans le cadre de l’investissement méthodique, nous déconseillons de prendre trop au sérieux ce type de martingale qui s’avère mauvaise une fois sur deux. De fait, les indices sont pour l’instant inscrits dans une consolidation et non une correction. Dans le cas du CAC 40, ce phénomène se traduit par une alternance de hausses et de baisses, et au final par une relative stabilité des cours entre 3 100 et 3 350 pts. Preuve que les opérateurs ont eu besoin de souffler, les volumes se sont inscrits en net repli. Pour autant, à la grande déception des retardataires, cette phase d’accalmie n’a pas permis aux vendeurs de reprendre la main. Ce qui suppose une reprise de la hausse...

Des analystes une nouvelle fois dépassés

Alors que les marchés d’actions ont repris leurs esprits et opéré un rebond qui n’efface qu’en partie les excès du krach, les analystes annoncent pour leur part la révision en baisse des estimations de bénéfices pour les entreprises cotées. Ce qui fait dire à certains qu’il est encore trop tôt pour acheter des actions. Faut-il pour autant se baser sur l’avis des analystes pour tenter de déceler le prochain mouvement des marchés ? Non, trois fois non. L’histoire récente nous le rappelle puisque ceux-ci ont été incapables de voir venir la crise financière, boursière et économique. Fin 2008, ils anticipaient encore une hausse des bénéfices des entreprises pour le début de l’année 2009... Et ce n’est là qu’un exemple de leur manque de réactivité et d’anticipation. Gageons qu’ils manqueront tout autant la reprise. En réalité, 95 % des analystes se contentent de lire le passé pour nous décrire le présent – ce qui fonctionne dans les phases durables d’expansion – alors que le secret en Bourse est de se remettre continuellement en question pour tenter d’anticiper l’avenir. Ce qui est plus risqué, mais bien évidemment plus rémunérateur. Quoi qu’il en soit, le marché n’est pas dupe : alors que la masse estimée des profits des entreprises européennes pour l’année 2009 baisse chaque semaine de 1 % à 1,5 %, les investisseurs gardent leur calme. Et pour cause puisque la dégradation de la rentabilité des entreprises a été anticipée par les intervenants depuis la fin de l’année dernière. Faut-il donc craindre que les analystes s’attaquent désormais aux estimations pour 2010 ? Encore une fois, non. Le thème qui l’emporte actuellement reste celui de la sortie de crise. Or, la simple évocation de cette étape économique est positive, au-delà de toute certitude. Elle démontre en effet que la crise financière et boursière a vécu et que nous sommes revenus à des considérations plus classiques liées à la crise économique. Dans ce contexte, la sous-valorisation des actions à un horizon de moyen/long terme est d’autant plus criante.

La Bourse sans alternative

L’attractivité de l’investissement en actions n’a jamais été aussi forte depuis la Seconde Guerre mondiale. La sous-valorisation des sociétés cotées est telle que le rebond de 30 % auquel nous avons récemment assisté n’a pas changé grand-chose à ce constat. Selon les pays, les actions capitalisent entre 10 et 12 fois les bénéfices sur douze mois glissants. C’est 20 % à 30 % de moins que la moyenne historique. Or, la faible rentabilité des autres placements (monétaires, obligations et immobilier) milite pour un report vers les actions et donc une valorisation plus généreuse que la moyenne ! Si les marchés venaient réellement à anticiper la sortie de la crise et donc une remontée des profits des entreprises, le coefficient de capitalisation des résultats (CCR) devrait logiquement progresser au-delà de 15. Ce n’est toujours pas le cas aujourd’hui, ce qui nous fait dire que le potentiel de hausse est encore important.

Une, deux, trois hirondelles...

Tandis que le marché opère un retour progressif à la normale, quelques signes d’amélioration se font d’ailleurs jour sur le front macroéconomique. Ainsi, le processus de déstockage massif touche à sa fin dans l’industrie manufacturière mondiale. De même, le secteur immobilier américain, à la source de la crise actuelle, semble vouloir se stabiliser, ce qui permettrait de mettre un prix sur les actifs. Enfin, les indicateurs avancés tels que la confiance des patrons et des ménages pointent vers une reprise, au moins technique. Ces quelques signes positifs, après une période particulièrement sombre, ne garantissent pas que les effets de la reprise se feront sentir dès demain. Malgré tout, si d’autres éléments allant dans le même sens surgissent dans les prochains jours, le marché y verra l’opportunité d’abandonner la consolidation actuelle et de poursuivre son chemin « haussier ». La confirmation du rebond ne devrait dès lors plus tarder avec à la clef, un premier assaut annoncé vers les 3 500 pts.

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