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Le retour attendu de l'inflation (rédigé le 15/04/2009)

(08/04/2009) Il paraît presque incongru d’évoquer actuellement un retour de l’inflation sous nos latitudes. Pensez donc et à en juger par les statistiques publiées récemment par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), l’indice des prix à la consommation est ressorti en Europe à 2,1 % en glissement annuel sur le mois de février et à 0,2 % aux états-Unis dans le même intervalle. Si l’accalmie observée sur les prix est vouée à se poursuivre tant que durera la crise actuelle, il devrait en être tout autrement dès lors que la situation conjoncturelle s’améliorera. Et ce pour plusieurs raisons. Il devient actuellement presque communément admis qu’un certain niveau d’inflation favoriserait la croissance. Certains hommes politiques, de gauche comme de droite ou des économistes (néo-keynésiens) plaident ainsi pour un arrêt des politiques monétaires dites « rigoristes ». Le schéma mis en place semble malgré tout assez simpliste : puisque la lutte contre l’inflation bride la croissance (souvenez-vous des violentes diatribes adressées à la Banque centrale européenne qui était accusée de détruire l’activité sur l’autel de l’orthodoxie monétaire en faisant évoluer les taux d’intérêt en fonction du niveau d’inflation des 2 % considéré comme
« admissible »), un regain d’inflation est symétriquement censé accroître l’activité. Par la suite, il conviendrait de limiter ses effets néfastes en remontant les taux d’intérêt lorsque la situation économique s’améliorera. Le fameux « stop and go » (politique de rigueur puis politique de relance, puis politique de rigueur, puis...) des années 1960 et 1970. Si la déflation constitue un risque très important comme en atteste la situation japonaise depuis maintenant plus de vingt années, celui d’un retour de l’inflation n’est pas à négliger. Et ce même s’il paraît actuellement plus simple de faire baisser les prix que de les « augmenter ». Souvenons-nous ainsi à quels niveaux ont dû être portés les taux d’intérêt dans les années 1980 pour juguler la hausse des prix et les conséquences de ce durcissement prolongé des conditions de crédit en termes économiques et sociaux. De la théorie à la pratique, il existe parfois d’importantes différences, a fortiori lorsque l’on s’attaque à des sciences molles comme la science économique... Nonobstant les risques inhérents à toute manipulation des taux d’intérêt (voyez la situation actuelle qui en résulte, comme indiqué à plusieurs reprises dans ces mêmes colonnes), le retour de l’inflation aurait une conséquence bien pratique pour les états, soumis à un très important endettement du fait des plans de relance mis en place ces derniers mois. En France et pour l’exemple, le déficit public va allégrement dépasser les 5 % du Produit intérieur brut (PIB) en 2009. La dette publique américaine pourrait quant à elle très bientôt s’élever à 80 % voire 100 % du PIB, contre 60 % au début de la crise. Le déficit public américain est ainsi attendu à plus de 10 % du PIB cette année et ce dans le contexte inédit suivant : baisse tendancielle des d’impôts, financement de deux guerres et crise économique de grande ampleur. Du jamais vu ! En achetant de plus en plus de dette publique avec les dollars qu’elle « crée » (la fameuse « planche à billets »), la Réserve fédérale américaine et le Trésor laissent entendre qu’ils vont laisser tomber le billet vert en créant de l’inflation. Or, l’inflation permet d’éponger le passif des états qui s’endettent, rappelons-le, en émettant des obligations. Dans un contexte inflationniste et donc en termes réels, celles-ci ne rapportent au final pas grand chose aux emprunteurs, et ne coûte donc presque rien aux états. Ainsi, une inflation  de l’ordre de 10 % à 15 % par an et sur cinq années permettrait de réduite la dette des états-Unis de 40 % à 50 %. Il s’agit toutefois là d’un scénario catastrophe pour tous les épargnants, qu’il s’agisse de particuliers, d’institutionnels ou de pays (la Chine est la 1er acheteur de Bons du Trésor américains). Une autre possibilité s’offre toutefois aux grands argentiers de la planète et à nos gouvernants. Une alternative que nous ne connaissons que trop bien en France, à savoir une hausse généralisée de la fiscalité, laquelle aura pour nos hommes politiques le « mérite » de réduire les inégalités de revenus.
Ces deux scenarii vont probablement s’imbriquer. Il convient donc de s’y préparer en privilégiant un endettement personnel à taux fixe tout en restant éloigné des obligations à échéances longues (états comme entreprises) et de celles à taux fixe.

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