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De l'inutilité des aides sectorielles (rédigé le 04/03/2009)

(04/03/2009) « Nous sommes le seul secteur à ne pas bénéficier d’aides publiques en France. Ce n’est pas normal ! ». Telle était l’indignation récente de Jean-René Buisson, président de l’Association nationale des entreprises de l’agroalimentaire. Hélas, M. Buisson a tort : ce qui n’est pas normal, ce sont justement les aides publiques continuellement octroyées à divers pans de l’économie ! Le processus est toujours le même : un secteur mal en point, de préférence médiatique, éprouve les pires difficultés à survivre. Il se tourne alors vers l’État pour obtenir une aide ou un traitement de faveur sur le plan fiscal. L’exemple le plus récent n’est autre que le secteur automobile français qui, sous couvert de représenter 10 % de la population active – un chiffre totalement faux et inventé par le lobby des constructeurs  –, a obtenu 6 Mds € de prêts à un taux très préférentiel. D’autres secteurs, comme la presse ou encore l’agriculture, vivent ainsi sous perfusion. Reste que non seulement les différents soutiens ne font aucun bien aux secteurs concernés sur le long terme, mais ils sont dommageables pour le reste de l’économie car « inefficaces et injustes », pour reprendre les mots de Klaus Schmidt-Hebbel, économiste en chef de l’OCDE. Inefficaces car ils entravent une nécessaire restructuration. Si un secteur ne fonctionne pas, c’est qu’il est malade : il est inutile de l’assommer avec des pilules anti-douleurs si l’on ne trouve pas la source du mal. Dans le cas de l’automobile, celle-ci s’est avéré incapable d’anticiper l’évolution vers le véhicule « vert » et d’ajuster sa capacité de production à une moindre demande. Or, rien dans l’aide de l’État ne l’encourage à le faire... Également soutenue, la presse s’est-elle réformée pour devenir viable ? Les aides sont par ailleurs injustes : l’argent injecté est prélevé chez les autres acteurs de l’économie, ce qui créé un manque d’investissements là où il en faudrait. Alors, pourquoi s’acharner à soutenir ce qui devrait être restructuré ? Parce qu’en agissant de la sorte, les décisionnaires en tirent un bénéfice politique, le traitement social du chômage étant toujours aussi populaire en France.

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