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Prenez des bénéfices sur l'or (rédigé le 28/01/2009)

(28/01/2009) Depuis maintenant le mois de septembre, les cours de l’or affichent une résistance remarquable. Alors que les prix de l’ensemble des actifs, à l’exception des emprunts d’État, chutent sur les différents marchés, ceux du métal jaune parviennent en effet à progresser. L’once d’or, cotée en dollars, a ainsi gagné près de 10 % depuis le 1er septembre dernier. Sa performance en euros, mesurée par le LyxOr GBH qui figure au sein de notre sélection de favorites, ressort même à plus de 20 %. Dans le même temps, l’indice CAC 40 a perdu 35 %. Si le placement aurifère a retrouvé une certaine aura, n’est-ce pas là toutefois l’occasion de prendre une partie de vos bénéfices ? La crise aura démontré une chose : le rôle de valeur refuge attribué à l’or n’est pas un mythe. Le sentiment de panique qui s’est emparé de nombreux investisseurs et particuliers les a en effet incités à se tourner vers le métal précieux. Preuve d’ailleurs d’une certaine irrationalité, les primes affichées par les pièces d’or ont un temps atteint 40 % par rapport au prix de l’once. Alors que la hausse des dernières années était souvent interprétée par les observateurs comme le pendant de la baisse du dollar, les derniers mois ont infirmé cette hypothèse. Le billet vert a en effet repris de la hauteur face à l’euro sans que l’once d’or ne cède un terrain équivalent. En réalité, le métal jaune constitue de nouveau un investissement de diversification d’autant plus attractif qu’il est décorrélé des actions et des matières premières. L’or n’est en effet pas comparable à ces dernières : moins de 10 % de la production est utilisée par l’industrie. Dès lors, son cours n’est pas directement lié à la conjoncture économique. Il peut en revanche être perçu comme le reflet des grands déséquilibres économiques et financiers. Ainsi, les nombreuses émissions de dette publique et la création monétaire qui s’ensuit favorisent l’or à long terme. Si le chiffon rouge agité par les oiseaux de mauvais augure est actuellement la déflation, tout porte en effet à croire que la hausse des prix reviendra au galop. Face à la dépréciation de la monnaie, l’or constituera alors un placement idéal de protection. Enfin, il faut souligner que l’offre a peu de chance de progresser dans les années qui viennent. Comme beaucoup d’entreprises, les mines d’or ont vu leur accès au crédit fortement affecté par la crise financière. Dès lors, plusieurs projets de prospection et d’exploitation sont gelés et prendront inévitablement du retard. Les banques centrales restent les principales détentrices d’or au monde. La Réserve fédérale est assise sur 9 000 tonnes d’or tandis que les instituts d’émission signataires du protocole de Washington, à savoir les grandes banques centrales européennes, détiendraient 40 % des réserves mondiales estimées à 30 000 tonnes. Or, les accords de Washington, qui limitaient les ventes à 500 tonnes par an, arrivent à expiration cette année. Il existe donc une incertitude concernant l’avenir de l’accord signé en 1999 puis renouvelé en 2004. Les banques pourraient en effet être tentées de profiter de la hausse des cours pour vendre une partie de leurs stocks. Parallèlement, un retour de la confiance couplé à l’extrême sous-valorisation des actions pourraient inciter les investisseurs bénéficiaires sur l’or à s’alléger.

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