Semaine du 7 au 13 avril 2026
Aux Etats-Unis, les marchés d’actions ont poursuivi leur rebond, le S&P500 retrouvant quasiment son sommet annuel. En Europe et malgré une hausse notable, le résultat s’avérait un peu moins favorable : le CAC40 est encore à près de 400 pts de son record historique inscrit fin février.
Cet optimisme tranche avec la situation au Moyen-Orient qui reste des plus brouillonnes. Après l’échec des négociations menées au Pakistan entre les Etats-Unis et l’Iran, Donald Trump a mis en place un blocus du stratégique détroit d’Ormuz, lieu de passage d’un cinquième du pétrole mondial, dans le but d’asphyxier financièrement le régime des mollahs. Et il a menacé de détruire tout navire iranien forçant le blocus.
Un pari long susceptible pourtant, d’après le narratif retenu par les investisseurs, de faire plier rapidement Téhéran. Le pétrole se repliait avec un baril de WTI revenant dans la zone des 100 $.
Du côté de l’obligataire, toujours moins volatil que le compartiment actions, cette hypothèse était regardée, sans toutefois véritablement convaincre. Le 10 ans américain se détendait de façon marginale à 4,28%.
Il est vrai que les conséquences économiques du conflit commencent à être plus lisibles. A cet égard, les résultats trimestriels des entreprises vont retenir l’attention. La saison des publications vient tout juste de débuter, avec les principales banques américaines et LVMH.
Au plan économique donc, on retiendra que l’inflation a fortement rebondi aux Etats-Unis ce qui, ponctuellement, n’a pas constitué une surprise. Ainsi, la hausse des prix (« CPI ») s’est établie à +3,3% en mars et sur un an, contre +2,4 % en février, selon le Bureau of Labor Statistics (BLS). Il s’agit du taux le plus élevé depuis avril 2024. Sur un mois, l’inflation est ressortie en nette progression de +0,9%, du jamais-vu depuis 2022. L’envolée des prix de l’énergie (+10,9% sur un mois et +12,5% sur un an) explique très largement ce regain d’inflation. Pour autant et considéré hors éléments volatils (énergie et alimentation), la hausse des prix s’est élevée sur la période à +2,6% (+10 pdb). Faut-il y voir le signe d’une propagation de l’inflation dans l’économie américaine ? Les prochaines statistiques à ce sujet devraient nous fournir la réponse à cette question.
La confiance du consommateur, publiée par l’Université du Michigan, reculait à un plus bas historique, les ménages exprimant de fortes inquiétudes liées à la cherté des prix et à la baisse de la valeur de leurs actifs. Voilà qui complique davantage la tâche de la Fed et pourrait, à terme, peser sur les marchés.
Enfin en Chine, les conséquences du conflit en Iran se font déjà ressentir. Ainsi en mars, les exportations du pays n’ont augmenté que de +2,5% sur un an, contre +40% en février (+8,6% attendu). Les importations chinoises, portées par la hausse des achats de produits pétroliers raffinés et autres matières premières, ont quant à elles bondi de +27,8% (+11,2% attendu), s’établissant à un pic depuis novembre 2021.
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