Semaine du 31 août au 7 septembre 2026
Si Wall Street est parvenu à progresser sur la semaine, les écarts y sont restés minces, tandis qu’en Europe, la baisse l’a emporté.
Le principal élément perturbateur aura été la nouvelle hausse des prix du pétrole (et du gaz en Europe) dans le sillage d’une énième escalade entre les Etats-Unis et l’Iran autour du détroit d’Ormuz. Le marché s’inquiète d’un regain inflationniste, mais pas seulement : c’est l’accès même aux produits dérivés du pétrole qui devient problématique. Les autres matières premières ont également brillé, le cuivre inscrivant un nouveau record historique.
Sur le marché obligataire, une forme d’accalmie, toute relative, a pris forme avec un 10 ans américain contenu sous les 4,80%. L’un des membres les plus influents de la Fed, Christopher Waller, a contribué à calmer les esprits en indiquant être disposé à laisser les taux d’intérêt inchangés si les signaux récents de ralentissement de l’inflation se confirment.
Les chiffres mensuels de l’emploi ont eu l’effet inverse. Ainsi, au mois d’août, l’économie américaine a créé 162 000 postes, selon les données du Département du Travail. Le consensus des économistes s’était fait prudent, avec seulement 56 000 créations attendues. Par ailleurs, le chiffre de juillet a été révisé à la hausse : il fait apparaître la création de 21 000 postes, contre une destruction de 23 000 en première estimation. Le taux de chômage est, quant à lui, resté inchangé à 4,1%. Cette publication a été perçue comme rassurante du point de vue de l’activité économique. Elle a en revanche fait passer la probabilité d’une hausse de +25 pdb du taux directeur de la Fed, lors de la réunion de politique monétaire du 16 septembre, de 55% à 65%.
On notera par ailleurs que l’ISM manufacturier a reculé en août à 54,6, contre 55,6 en juillet (plus haut depuis mai 2022), tandis que l’ISM des services a, au contraire, progressé à 55,4, contre 54,2.
En zone euro, la hausse des prix à la consommation est ressortie à +3,3% en août sur un an alors qu’elle n’était que de +2,9% en juillet. Les prix de l’énergie (+14,3%) expliquent ce regain inflationniste. Les investisseurs jugent désormais que la Banque centrale européenne (BCE) relèvera une nouvelle fois son taux directeur de +25 pdb, à 2,50%, le 10 septembre.
En Chine, l’Etat va conduire une opération de recapitalisation des banques et assureurs publics. Ce sont environ 54 Mds $ qui vont être injectés pour renforcer leurs fonds propres et donc soutenir le crédit. Cette annonce n’a pas suscité de réaction significative sur les marchés locaux.
Sur le front des changes, la devise japonaise a retrouvé des couleurs pour revenir dans la zone des 154 ¥/$, soit un niveau inédit depuis la mi-février. Alors que la prochaine réunion de politique monétaire de la Banque du Japon doit se tenir le 18 septembre prochain, les opérateurs ont intégré un resserrement de +25 pdb. Mais ils semblent désormais anticiper d’autres hausses et une véritable normalisation monétaire.
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