Ukraine, droits de douane : quel impact sur vos placements ?

Investir dans la tempête créée par Trump

Par ses déclarations et ses actions, Donald Trump a bouleversé un certain nombre de fondamentaux du marché. Et fait vaciller les Bourses mondiales. Vos investissements sont impactés. Tout du moins à court terme.

Le retour de la guerre commerciale

Le Président américain a lancé l’offensive contre le Mexique, le Canada, la Chine et l’Europe. De façon peu lisible puisque Donald Trump, après avoir annoncé la mise en place immédiate de droits de douane additionnels, n’a depuis eu de cesse de revenir sur ses propos, d’accorder des délais ou des exemptions. Les pays ciblés ont indiqué vouloir répliquer en taxant, à leur tour, les produits américains. Parmi nos valeurs, Pernod Ricard, Stellantis (comme le secteur automobile dans son ensemble) et les valeurs du luxe, dont le n°1 mondial LVMH, sont en première ligne.

Des prévisions de croissance attendues en baisse

Comme l’histoire économique nous l’enseigne, une telle politique constitue un frein à la croissance économique. C’est à cette aune qu’il faut considérer la prévision de croissance établie par la Fed d’Atlanta, laquelle table désormais, pour les états-Unis, sur une contraction du PIB de -2,4% au 1er trimestre, contre une prévision de +4% il y a seulement un mois. L’Europe, dont les prévisions de croissance sont déjà basses (+1,3% en 2025, selon la Commission européenne), pourrait également faire les frais d’une guerre commerciale venant à s’exprimer avec force. Enfin, la Chine risque d’avoir du mal à atteindre son objectif de croissance réitéré récemment (+5%). Globalement donc, les marchés sont en train d’intégrer cette nouvelle situation, ce qui se traduit par une nette correction à Wall Street où l’optimisme était le plus marqué en début d’année.

Une forte baisse du dollar

Le dollar a également accéléré son repli face à l’euro (1,09 $, contre un retour attendu à la parité il y a quelques semaines seulement). Les « valeurs dollar » pourraient être touchées (Air Liquide, LVMH, EssilorLuxottica, TotalEnergies, Schneider Electric…). Plus généralement, la performance en euros de vos investissements en dollars est affectée par ce recul du billet vert. La dédollarisation de l’économie mondiale risque par ailleurs de connaître un nouveau chapitre alors que les états-Unis entendent privilégier leurs seuls intérêts et oublier leur rôle pacificateur. Actuellement, le dollar concerne 50% des exportations mondiales, 60% des réserves de change officielles et au moins un tiers des transactions bancaires internationales. L’or pourrait en tirer quelques bénéfices, à moyen terme. La 1ère économie mondiale risque en tous les cas de payer un prix bien plus élevé que prévu par Donald Trump à cette nouvelle politique, par essence récessionniste. De quoi inciter ce dernier à assouplir ses positions ? Dans ce cadre, la politique monétaire devrait logiquement être mobilisée, avec à la clef de nouvelles baisses de taux. Outre-Atlantique, la Fed a toutefois indiqué ne pas souhaiter se précipiter pour assouplir les conditions de crédit et attendre de constater plus clairement les conséquences sur l’économie des états-Unis des politiques mises en œuvre par l’administration du nouveau Président américain, a déclaré, Jerome Powell, la patron de la Fed

Trump lâche l'Ukraine et l'Europe

Faisant feu de tout bois, Donald Trump a strictement changé la doctrine américaine concernant la guerre en Ukraine. Les états-Unis ont suspendu leur aide militaire à ce pays et enjoint – fermement – les pays européens à prendre leur destin en main. Tout en opérant un rapprochement historique avec la Russie. Même si là encore, la position américaine pourrait évoluer, le Vieux Continent a réagi. Ainsi, le Conseil européen extraordinaire sur l’Ukraine a validé les propositions de la Commission pour financer le réarmement du Vieux Continent à hauteur de 800 Mds €. Les valeurs de la défense se sont envolées (Thales, Rheinmetall, Leonardo…), d’autant que la priorité devrait être portée logiquement (et enfin !) aux armes et munitions fabriquées en Europe. Les analystes ont révisé en hausse leurs prévisions pour toutes les sociétés du secteur qui restent plébiscitées par le marché.

Des secteurs qui évoluent de façon diverse

L’Allemagne devrait, de son côté, supprimer la limite qui restreint constitutionnellement son déficit structurel à 0,35% du PIB et a annoncé 1 000 Mds € d’investissements, la moitié en dépenses militaires et l’autre dans les infrastructures. De fait, les valeurs présentes dans le ciment (Holcim, Heidelberg Materials), le BTP (Vinci) et les matériaux (Saint-Gobain) ont fermement rebondi. Le retour du « quoi qu’il en coûte », à savoir une hausse des déficits, semble être acté. Ce qui a eu des conséquences sur les taux européens : le Bund allemand s’est tendu jusqu’à 2,9% (contre 2% fin décembre) et, par mimétisme (maintien du spread), a entraîné l’OAT française (3,6%). De fait, les cours des placements obligataires européens ont reculé. Pour rappel, nous avons (pour d’autres raisons) cédé notre ligne Amundi JPM EMU Govies en décembre dernier. Mais surtout, la poursuite de la baisse des taux pourrait finalement avoir du plomb dans l’aile. Actuellement, la hausse des rendements pénalise les valeurs endettées (Veolia, Pernod Ricard, URW) et certains secteurs précis, comme l’immobilier, déjà en crise et qui pariait sur une poursuite des assouplissements monétaires. Ainsi, tant du côté des SCPI que des promoteurs et des foncières (URW, Klépierre, Gecina), le rouge est de mise. Dans nos Opportunités, nous conservons l’ETF Amundi PEA Immobilier (surveillez notre stop loss) et Altarea qui a gagné du terrain cette semaine.

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