Semaine du 3 au 9 mars 2026
Donald Trump a été contraint de se détacher de sa posture martiale. A l’occasion d’une déclaration inattendue sur CBS, le 9 mars en journée, le Président américain a déclaré que la guerre en Iran était « quasiment » finie. Et qu’il « réfléchissait à prendre le contrôle » du détroit d’Ormuz.
Il n’en fallait pas plus pour faire chuter le baril de pétrole (WTI à 88 $, contre près de 120 $ pendant la nuit du dimanche au lundi), tandis que Wall Street changeait radicalement de direction pour une clôture dans le vert totalement inespérée quelques heures plus tôt. Le lundi 9 mars, le Nasdaq 100 s’adjugeait ainsi +1,32% et le S&P500 +0,83%.
Reste à savoir avec quel bilan militaire les Etats-Unis décideront de cesser les combats et si Israël peut de son côté interrompre son offensive sans qu’un changement de régime ne soit intervenu au pays des mollahs. Pour résumer, l’hôte de la Maison Blanche a-t-il été acculé par la chute des marchés et la hausse du prix des hydrocarbures et donné à entendre aux investisseurs ce qu’ils souhaitaient ?
Peu de temps après sa déclaration actant de la prochaine fin du conflit, Donald Trump a d’ailleurs menacé Téhéran de frappes encore plus fortes en cas de blocage du marché du pétrole…
Au cours de la semaine, les marchés européens avaient été en première ligne de la baisse, la zone étant très dépendantes des importations d’hydrocarbures. Le CAC40 passait en quelques jours de 8 642 pts à 7 913 pts (-10%), pour ses points extrêmes.
Concernant la politique de la BCE, l’hypothèse de prochaines hausses de taux en cas de dérapage des prix était même évoquée. D’autant que l’inflation avait rebondi en février. Selon les données publiées par Eurostat, les prix à la consommation ont progressé de +1,9% en février et sur un an dans la zone euro, après +1,7% un mois plus tôt. Ce taux reste légèrement inférieur à « l’objectif » de +2% retenu par la Banque centrale européenne(BCE), mais supérieur aux attentes des économistes. Cette hausse de l’inflation s’explique principalement par l’augmentation du prix des services (+3,4% sur un an). L’inflation sous-jacente, c’est-à-dire considérée hors prix de l’alimentaire et de l’énergie, a également accéléré à +2,4%, là encore au-delà du consensus. Dans le contexte de la guerre au Moyen-Orient, ces tensions ont inquiété. Si le conflit se prolongeait, un dérapage des prix est jugé certain..
Aux Etats-Unis et dans un tel contexte, les statistiques publiées (ISM des services à 56,1 en février, 63 000 emplois créés selon ADP…) n’ont guère été commentées.
Enfin, les craintes de déflation en Chine sont devenues moins fortes à la suite de la publication d’un indice des prix à la consommation de +1,3% sur un an en février, à son plus haut de trois ans. Dans le même temps, Pékin s’est fixé un objectif de croissance de son PIB de +4,5% à +5% pour 2026, soit moins que les +5% « fixés » pour 2025. La Chine semble se donner plus de flexibilité pour mener des réformes, ont indiqué les économistes.
Copyright © Propos Utiles. Tout droit de reproduction interdit.