Une sortie de conflit incertaine

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Semaine du 23 au 30 mars 2026

Tout au long du mois de mars, le conflit en Iran a pesé, quasiment sans relâche, sur les marchés boursiers. La communication tous azimuts de l’administration Trump mais aussi du régime iranien a alimenté la volatilité et considérablement réduit l’appétit pour le risque. Cette semaine, Wall Street a été plus particulièrement affectée. Les indices américains ont en effet inscrit un plus bas annuel tandis que les places européennes parvenaient à rebondir et à éviter un retour sur le creux du 23 mars.

Selon les derniers échos en provenance de Washington, la fin de l’offensive américaine approche, sans que l’on sache véritablement quelle forme elle prendra. Le Président américain n’a ainsi pas exclu, en privé, de cesser les frappes sans être parvenu à débloquer le détroit d’Ormuz, mais en espérant voir émerger par la suite une solution diplomatique ou une forme de coalition prête à assurer la sécurité du passage. Du côté iranien, des dissensions seraient apparues au sommet du régime, le président Pezeshkian estimant qu’en l’absence d’un cessez-le-feu, l’économie locale s’effondrerait en trois semaines.

En attendant, et après leur consolidation de la semaine passée, les cours du pétrole sont logiquement repartis à la hausse, avec un baril de qualité WTI au-dessus des 100 $. La fermeture partielle du détroit d’Ormuz imposée par l’Iran et les attaques répétées contre les installations pétrolières alimentent le courant acheteur. Un test des récents plus hauts autour de 120 $ pourrait prendre forme sans amélioration sur le front des approvisionnements.

Dans ce contexte, un élément positif a pris forme : les rendements obligataires se sont détendus de part et d’autre de l’Atlantique. Selon le Président de la Fed, Jerome Powell, les banques centrales n’ont pas d’outils contre les chocs d’offre, comme celui constaté sur le marché pétrolier. Ce qui revient à dire que la Fed ne relèvera pas ses taux directeurs face à un rebond de l’inflation lié à ce choc. Le 10 ans américain, qui a inscrit en milieu de semaine un sommet de neuf mois à 4,48%, a ainsi reflué sur les 4,30%. En Europe, la détente a également été sensible. Parallèlement, l’once d’or s’est stabilisé au-dessus des 4 500 $, ce qui lui permet d’afficher à nouveau une hausse de +5% en 2026.

Notons enfin qu’à l’occasion de la mise à jour de ses anticipations pour l’économie mondiale, l’Organisation de Coopération et de Développement Economiques (OCDE) a fait preuve d’un certain conservatisme en laissant inchangée à +2,9% sa prévision de croissance pour 2026 et en ne révisant qu’à la marge (-0,1 pt à +3%) celle pour 2027. En revanche, alors que l’institution anticipait une poursuite du mouvement de désinflation, elle juge que la hausse des prix au sein des pays du G20 va ressortir à +4% cette année, et non à +2,9% comme elle l’espérait avant le déclenchement du conflit au Moyen-Orient. Aux Etats-Unis, l’OCDE voit même l’inflation atteindre +4,2%, soit son niveau le plus élevé depuis 2023.

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