Quand les marchés scrutent les sondages

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Est-il possible d’élaborer une stratégie d’investissement sans évoquer la politique française et les élections présidentielles à venir ? Il serait évidemment souhaitable de conserver cette distance. Toutefois, dans le contexte actuel, ce pas de côté, aussi légitime soit-il, n’a plus lieu d’être. Voici pourquoi.

Depuis près de 20 ans, nous vous alertons sur l’envolée des déficits publics et de la dette. Le poids de cette dernière n’a eu de cesse de s’accroître dans l’intervalle. Lorsque les taux étaient tombés à zéro, nos alertes (réitérées alors) pouvaient paraître hors de propos. Mais ce temps est révolu. Pire encore, les tensions observées sur le marché obligataire sont parvenues à un tel niveau que l’édifice semble sur le point de s’écrouler sur lui-même. Et sur nous-même.

Pourquoi maintenant ? Pour diverses raisons, évoquées la semaine dernière ici même et dans ce numéro, de nouveau. Celles-ci tiennent peut-être de la coïncidence, mais elles dévoilent cruellement les fragilités intrinsèques de l’économie française. Et elles ne datent pas d’hier.

Désormais, les renoncements, les mensonges et les petits calculs partisans des uns et des autres sont désormais à proscrire. Selon un récent sondage pour Les Echos, 85% des Français jugent urgent de réduire la dette publique. Les solutions divergent bien évidemment, mais le constat est là. C’est un discours de vérité qui s’impose.

Or, qu’entend-on, à la télévision et que lit-on, dans nos journaux ? De stériles débats sur l’effacement d’une partie de notre dette, la création de nouveaux droits, de nouvelles dépenses, de nouveaux impôts et de nouvelles contraintes pesant sur les entreprises. Or, aujourd’hui, les propositions de ce type effraient les marchés, qui en appellent à une reprise en main radicale des finances publiques.

A l’approche de l’élection présidentielle, les investisseurs scrutent désormais les sondages d’opinion. Et tout signal considéré comme négatif à ce sujet fera immédiatement bondir le coût de nos nouveaux emprunts obligataires et pèsera sur la performance du marché actions. L’offre politique est maintenant revenue au centre du jeu. Nous allons donc devoir en parler.


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