Petite revanche pour le monde d’hier

IA pharma conso

Semaine du 20 au 26 octobre 2026

La question du financement de l’Intelligence artificielle (IA) est restée au cœur des échanges cette semaine. Le P.-D.G. de Nvidia, la 1ère capitalisation du monde, s’est montré à ce sujet un peu moins enthousiaste qu’à son habitude. Et les résultats de Meta (ex-Facebook), un des hyperscalers au centre de cette révolution, ont été sanctionnés (-7% le 22 octobre). Le flux de trésorerie disponible de la société s’est révélé négatif au 3ème trimestre, alors que ses ventes bondissaient de +26%. Pour résumer : l’IA n’est pas encore rentable, tandis que les investissements continuent de croître.

Le soutien de l’IA étant devenu moins solide, les investisseurs ont recherché des alternatives, par exemple dans la santé et la consommation de base. La revanche du « monde d’hier »… Cette recherche de sécurité profitait également aux obligations américaines dont les taux se détendaient (4,98% pour le 10 ans, contre près de 5,30% il y a encore peu de temps).

Les obligations souveraines françaises ne suivaient toutefois pas le mouvement… bien au contraire. La défiance des investisseurs envers l’Hexagone s’accentuait même, avec un rendement de l’OAT culminant à 5,15% (à un pic de 24 ans) et un spread (écart de taux) avec le Bund allemand bondissant à 176 pts. La décision de Moody’s de ne pas dégrader la note de la France prenait toutefois les marchés de court et permettait une légère détente de ces deux indicateurs. Mais le feu couve toujours et l’euro continuait de perdre du terrain face au dollar (1,1180 $).

D’ailleurs, la croissance du secteur privé de la zone euro a ralenti en octobre pour atteindre son plus faible rythme depuis juin, sous l’effet d’une hausse des coûts liée à l’énergie et d’une nouvelle contraction en France, dans un contexte de tensions politiques et sociétales. L’indice PMI composite flash S&P Global est ainsi tombé à 51,9 en octobre, après 53,1 en septembre. Les analystes interrogés par Reuters tablaient sur 52,7. Rappelons que le seuil des 50 marque la frontière entre la contraction (<50) et l’expansion de l’activité (>50). L’indice PMI préliminaire des services a chuté à 51,7, son plus bas niveau depuis deux mois. L’indice du secteur manufacturier a reculé à 52,4, après 52,9 en septembre.

Dans le même temps, le prix du brut restait élevé (102 $ pour le baril de WTI).Les opérateurs surveillent les tensions accrues au Moyen-Orient et la possibilité d’une reprise des combats entre les Etats-Unis et l’Iran. Washington a menacé Téhéran de nouvelles frappes alors que les négociations entre les deux pays semblent pour l’heure interrompues.

Enfin, l’indice iBovespa a plongé de -14% le lundi 26 octobre (-22% en euros), au lendemain de la réélection inattendue du Président de gauche Luiz Inacio Lula da Silva (51,8% des suffrages) face au conservateur Flavio Bolsonaro. Les investisseurs avaient parié sur la victoire de ce dernier et soutenu sa promesse de discipline budgétaire, ce qui avait provoqué avant cela une envolée notable de la Bourse brésilienne.

Copyright © Propos Utiles. Tout droit de reproduction interdit.

Découvrez