Semaine du 10 au 16 mars 2026
Les marchés financiers ont continué d’évoluer au rythme des nouvelles en provenance de la guerre en Iran.
Les attaques du pays contre les infrastructures pétrolières de ses voisins du Golfe ainsi que le blocage du détroit d’Ormuz ont par exemple renvoyé les prix du pétrole au-dessus des 100 $ pour ce qui est du baril de qualité WTI. Dans l’anticipation d’une possible dégradation de la situation, les fonds spéculatifs ont d’ailleurs accumulé des positions « haussières » records sur l’or noir.
Pour compenser le déficit de production en provenance du Moyen-Orient, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) a annoncé que ses pays membres s’étaient mis d’accord pour mettre sur le marché 400 millions de barils de pétrole. Ce geste est plus de deux fois supérieure à celui décidé après l’invasion de l’Ukraine par la Russie.
De son côté, Donald Trump a demandé à la Chine, la France ou encore au Royaume-Uni de participer à la sécurisation du détroit d’Ormuz, soulignant au passage que les Etats-Unis n’ont pas besoin du pétrole en provenance du Golfe. Enfin, un canal de communication direct entre l’envoyé américain Steve Witkoff et le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, aurait été réactivé, ce qui a soutenu les actions.
Sur la semaine, la volatilité s’est réduite, les places européennes parvenant même à progresser.
De part et d’autre de l’Atlantique, le compartiment énergétique est resté recherché alors que l’impact de la hausse des prix du pétrole sur la rentabilité des compagnies s’annonce historiquement élevé. Les valeurs financières ont revanche souffert, plus particulièrement aux Etats-Unis où les tensions sur les rendements obligataires (le 10 ans a testé les 4,30% avant de refluer quelque peu) font craindre une hausse des défauts, notamment chez les émetteurs de dette privée.
Aux Etats-Unis, l’indice des prix de la consommation personnelle (PCE) a progressé de +0,3% au mois de janvier, après une hausse de +0,4% en décembre. Sur un an, sa progression est ressortie à +2,8%, en léger repli par rapport à décembre (+2,9%). Dans le même temps, l’indice des prix à la consommation (CPI), également publié cette semaine, est ressorti en hausse de +0,3% sur un mois et de +2,4% sur un an pour le mois de février.
Ces données, relevées avant la guerre en Iran et l’envolée des prix du pétrole, montrent donc une inflation persistante et supérieure à l’objectif de +2%, fréquemment évoqué. Compte tenu du choc énergétique en cours, la politique monétaire de la Fed risque dès lors d’être « figée ».
Enfin et alors que l’évolution de la guerre en Iran reste incertaine, l’euro a inscrit cette semaine un plus bas de huit mois face au dollar, à 1,1420 $. Le billet vert a continué de profiter de l’aversion au risque des opérateurs. Pour un investisseur européen positionné sur des valeurs américaines, ce mouvement a limité l’impact de la récente consolidation. En euros, la performance du S&P500 est ainsi nulle depuis le 1er janvier.
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