Semaine du 9 au 15 juin 2026
C’est au prix de multiples concessions accordées à l’Iran et du renoncement à ses objectifs liminaires (renversement du régime, nucléaire…) que Donald Trump est parvenu à conclure un accord-cadre avec Téhéran. Ce qui a conduit les marchés à rebondir de manière presque automatique dans l’espoir d’une baisse des prix des hydrocarbures. Et donc d’un recul de l’inflation, censé conduire les principales banques centrales à, finalement, ne pas durcir les conditions de crédit.
Le pétrole cédait ainsi du terrain, le baril de WTI évoluant désormais dans la zone des 80 $. Dans le même temps et pour les mêmes raisons, l’obligataire se détendait de part et d’autre de l’Atlantique, tandis que l’or repartait à la hausse (4 350 $ l’once). Le secteur de l’Intelligence artificielle (IA) et des semi-conducteurs, qui reculait depuis plusieurs jours après avoir bondi sans retenue, repartait à la hausse. Ce qui permettait aux indices américains, Nasdaq 100 en tête, d’inscrire de nouveaux records.
Le Vix, l’indice mesurant la volatilité du marché boursier américain, a connu deux mouvements opposés cette semaine. Tout d’abord à la hausse (22 pts) alors que Donald Trump annonçait vouloir mener de nouvelles frappes aériennes contre l’Iran. Puis dans un sens opposé pour revenir sur son niveau initial (16 pts) après le report de l’offensive et l’annonce de l’accord signé entre Téhéran et Washington.
Trois jours auparavant, la Banque centrale européenne (BCE) avait décidé de relever le « Refi » de +25 pdb, Christine Lagarde évoquant des signaux laissant penser que la hausse des prix de l’énergie commence à contaminer l’économie dans son ensemble. Sans véritablement convaincre. Alors que cette décision était largement attendue, les Bourses de la zone euro ont malgré tout reculé sur la nouvelle. Tandis que les conséquences prévisibles de l’accord conclu entre Washington et Téhéran rendaient presque anachronique la décision de la BCE.
Outre-Atlantique et toujours sur le front de l’inflation, une nouvelle hausse des prix à la consommation comme à la production était observée en mai. Aux Etats-Unis, l’indice des prix à la consommation (« CPI ») s’inscrivait en hausse de +4,2% en mai et sur 12 mois, contre +3,8% en avril. L’envolée des prix de l’énergie liée à la fermeture du détroit d’Ormuz est responsable de 60% de l’inflation enregistrée le mois dernier. Sur la même période, le « PPI » (indice des prix à la production) a une fois encore progressé, pour ressortir à +6,5% sur un an. La Réserve fédérale américaine, qui réunira son FOMC cette semaine, devrait malgré tout laisser son dispositif monétaire en l’état. Le nouveau président de la Fed, Kevin Walsh, prendra sans doute prétexte de l’accord signé avec l’Iran pour ne rien faire. Et ainsi satisfaire Donald Trump.
Enfin, SpaceX a fait ses premiers pas en Bourse : le titre a bondi de +43% en deux séances. Une exubérance qui a participé à l’euphorie ayant marqué cette semaine.
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