Semaine du 8 au 15 septembre 2026
Comme quasiment chaque semaine depuis deux mois et demi, les rendements obligataires ont progressé de part et d’autre de l’Atlantique, ainsi qu’au Japon.
Cette dynamique, liée à la hausse des prix du pétrole (de nouveau au-dessus des 100 $ pour le WTI) dans le sillage des « guerres énergétiques » (Iran, Ukraine), aux craintes inflationnistes et au déséquilibre de l’offre et de la demande sur le marché de la dette, pèse sur les actions.
Dans un tel environnement, le poids des dettes publiques et des déficits constitue le premier des problèmes. En France, l’OAT à 10 ans a franchi les 4,5%, tandis que le CAC40 est revenu sur les 8 100 pts. Depuis la mi-août, l’indice a perdu -7,5% en ligne droite. Depuis début juillet, l’OAT à 10 ans a vu son rendement passer de 3,50% à 4,53%. Cette hausse de +103 pdb fait revenir les taux sur leurs niveaux de 2008, année marquée par la grande crise financière. Un tel renchérissement du coût de l’emprunt public complique évidemment la donne budgétaire de la France en augmentant mécaniquement le besoin de réduction des dépenses.
Aux Etats-Unis, le 10 ans est au-dessus de 5% en dépit du triplement des achats d’obligations à long terme par le Trésor. Du jamais-vu depuis près de 20 ans.
A Wall Street, l’impact négatif sur le compartiment actions reste pour l’heure beaucoup plus mesuré car la dynamique de profits des entreprises est tout autre.
Au cours de la semaine, l’indice américain des prix à la consommation est ressorti en hausse de +0,4% sur le mois d’août et de +3,4% sur un an, essentiellement en raison de la progression des prix de l’énergie. La Fed s’apprête à relever son taux directeur.
Sur le Vieux Continent, comme prévu et pour la deuxième fois cette année, la Banque centrale européenne (BCE) a relevé son taux directeur d’un quart de point, à 2,50%. Alors que les prix sont ressortis en progression de +3,3% en août sur un an (mais de seulement +2,4% en excluant les biens les plus volatils comme l’énergie et l’alimentation), la BCE a jugé nécessaire de relever le loyer de l’argent. Selon l’institution, les risques sont « orientés à la hausse pour l’inflation et pour la croissance économique ». Cette dernière considération ne semble toutefois pas avoir pesé très lourd dans sa décision. Comme en 2008 et 2011, la banque centrale serait-elle en train de commettre une erreur de politique monétaire ?
Au Moyen-Orient, les Houthis, alliés de l’Iran, ont lancé une offensive majeure au Yémen. Ils menacent le détroit de Bab el-Mandeb et les infrastructures énergétiques saoudiennes. Le Royaume a d’ailleurs dû mettre hors service son pipeline Est-Ouest, lequel permet d’exporter du pétrole sans passer par le détroit d’Ormuz.
Enfin, sur le front de l’Intelligence artificielle (IA), les dirigeants d’Anthropic, OpenAI et SpaceX ont partagé leurs craintes concernant la sécurité des modèles les plus avancés. Leur appel à plus de régulation ainsi que le report de l’introduction en Bourse d’OpenAI ont pesé sur la technologie.
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