Semaine du 19 au 25 août 2025
Dans une approche franco-française, des plus rares dans cette rubrique, François Bayrou a cette semaine volé la vedette à Jerome Powell de la Fed.
En annonçant un vote de confiance le 8 septembre que les oppositions refusent d’ores et déjà de lui accorder, le Premier ministre ouvre un nouveau chapitre de la crise politique débutée il y a un peu plus d’une année. Crise politique qui risque très vite de devenir financière alors que la trajectoire de réduction des déficits sera de facto abandonnée en cas de démission du gouvernement. De nouvelles élections législatives pourraient être annoncées en cas de dissolution de l’Assemblée nationale
Le CAC40 a immédiatement plongé sur la nouvelle le lundi 25 août, tandis que les taux se tendaient (OAT à 3,5140%).
Du côté des valeurs, les services collectifs et les concessionnaires reculaient. Les valeurs financières hexagonales étaient en première ligne dans la baisse débutée le lundi 25 août et qui se poursuivait mardi matin, avant le bouclage de ce numéro. BNP Paribas, Société Générale, Crédit Agricole ou encore Axa sont en effet surexposées à la France dont l’activité économique risque fort d’être impactée négativement par cette crise politique qui n’en finit pas. L’indice sectoriel reculait très nettement.
Compte tenu du poids économique de la France, les indices européens perdaient du terrain, quoique dans de moindres proportions.
Ailleurs dans le vaste monde, la semaine a été marquée par le discours du Président de la Réserve fédérale américaine lors du symposium économique de Jackson Hole (Wyoming). Ce dernier a évoqué la possibilité d’une baisse des taux, sans prendre d’engagement ferme. Jerome Powell identifie toujours la possibilité d’une inflation élevée persistante, mais les marchés ont accueilli par des hourra l’inflexion notable de son propos. Les actions et le bitcoin progressaient notablement sur la nouvelle. L’obligataire se détendait, quant à lui.
La publication d’un PMI (indice des directeurs d’achat) dynamique doit malgré tout inciter à une certaine prudence. Outre-Atlantique, l’indice PMI composite de S&P Global au titre du mois d’août (données préliminaires) est ressorti à 55,4, contre 55,1 un mois plus tôt, soit un niveau sensiblement supérieur aux attentes des économistes. Pour rappel, un indice supérieur à 50 signale une croissance de l’économie. De façon plus détaillée, le secteur manufacturier a progressé avec un indice passant de 49,8 à 53,3, ce qui témoigne d’une très nette accélération de la dynamique. Dans les services, l’indice a légèrement ralenti, passant de 55,7 à 55,4.
Ces indicateurs, à forte portée prédictive, ne pointent pas vers un ralentissement de l’activité, loin s’en faut. La Fed ne pourrait-elle pas y trouver le prétexte à repousser la baisse de taux attendue ?
Deux rendez-vous à ne pas manquer cette semaine : la publication des trimestriels de Nvidia mercredi et celle des chiffres de l’inflation aux Etats-Unis, jeudi.
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