Etats-Unis/Chine : un sommet pour rien

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Semaine du 12 au 18 mai 2026

La visite de Donald Trump en Chine n’a débouché sur rien de concret en dépit des déclarations de satisfaction du Président américain.

Sur l’Iran et la réouverture du détroit d’Ormuz, le commerce, les terres rares, l’Intelligence artificielle (IA), les subventions à l’industrie ou les produits agricoles, Xi Jinping n’a rien concédé de stratégique ou qui n’ait déjà été dévoilé. Sur Taïwan, en revanche, l’autocrate chinois a demandé à l’Amérique de ne pas se mettre en travers de son chemin, sous peine de déclencher une guerre. Bref, difficile de parler de détente.

D’ailleurs, les actions chinoises qui avaient progressé dans l’anticipation de ce sommet ont très vite abandonné leurs gains pour finir la semaine dans le rouge. L’annonce d’une hausse de +0,2% seulement des ventes au détail en avril (faiblesse inédite depuis décembre 2022) aura sans nul doute contribué à faire fuir les acheteurs.

A Wall Street et en dépit d’un nouveau record du S&P500, du Dow Jones (au-dessus de 50 000 pts !) et du Nasdaq 100, les performances hebdomadaires sont également négatives. Il est vrai qu’après six semaines de hausse quasiment ininterrompue, la probabilité d’une consolidation devenait élevée. L’issue sans saveur du sommet sino-américain, les chiffres de l’inflation et les tensions obligataires (les Etats-Unis ont dû promettre un rendement de 5,05% pour emprunter sur 30 ans) auront servi de prétexte.

Aux Etats-Unis en effet, l’indice des prix à la consommation (« CPI ») est ressorti à +3,8% en rythme annuel sur avril, ce qui n’était plus arrivé depuis trois ans. A titre de rappel, l’inflation était de +2,4% en janvier et de +3,3% en mars. Sans surprise, les prix des carburants (+28,4%) ont joué un rôle majeur dans cette accélération. En excluant l’essence et l’alimentaire, considérés comme volatils, l’indice progresse malgré tout à +2,8%, contre +2,5% en janvier. Le mouvement de désinflation a ainsi pris fin avec la guerre en Iran. Le 17 juin prochain, Kevin Warsh aura dès lors fort à faire pour calmer les marchés obligataires lors de sa première réunion de politique monétaire en tant que nouveau Président de la Fed…

Dans ce contexte, le consommateur américain reste malgré tout au rendez-vous : les ventes au détail ont ainsi progressé de +0,5% en avril. Pour le reste, on notera que le dollar a fait preuve de vigueur, ce qui a pesé sur le cours du métal jaune (4 581 $ l’once). Les prix du pétrole ont progressé (WTI à 102,27 $), portés par un nouvel avertissement de l’Agence internationale de l’Energie sur la baisse « très rapide » des stocks.

En Europe, et toujours soutenus par les perspectives d’un regain d’inflation lié au conflit en Iran, les rendements obligataires ont poursuivi leur ascension. En France, l’OAT à 10 ans est ainsi venu tutoyer les 4%, du jamais-vu depuis mai 2009. Ce niveau, s’il se maintient, va considérablement compliquer la donne budgétaire pour le gouvernement français et peser sur l’activité économique.

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