En moins de cinq ans, le monde aura traversé deux crises énergétiques. La première est survenue avec la guerre en Ukraine. Face à l’envolée des prix du pétrole et du gaz, les responsables politiques français nous ont, soudainement, expliqué qu’il était inconscient d’être dépendant énergétiquement de la Russie de Vladimir Poutine et que le démantèlement du secteur nucléaire français avait été une grave erreur. En réalité, ils le savaient depuis bien longtemps. Mais rien ne les incitait à corriger le tir sur le plan politique. Il aura fallu attendre que Moscou lance son offensive militaire pour voir la filière nucléaire bénéficier de nouveaux investissements publics.
La seconde crise prend forme actuellement avec le conflit en Iran. Cette fois-ci, c’est la dépendance au gaz qatari et à une région historiquement instable qui se révèle être une aberration. Comme si les chocs pétroliers des années 1970 ne nous avaient pas servi de leçon. En urgence, le gouvernement Lecornu, même s’il dispose de peu de latitude à l’Assemblée nationale, se lance donc dans un plan visant à électrifier la France. Un parallèle peut être fait avec la crise sanitaire qui a débouché sur une relocalisation partielle de la production pharmaceutique et une hausse des financements pour les hôpitaux. Ou encore avec le tournant de la rigueur en 1983, réalisé sous la pression des marchés financiers et à rebours de la politique mise en place deux ans plus tôt.
Un choc, une réforme. La France est-elle capable de fonctionner autrement ? Probablement pas. L’espoir de voir un gouvernement se saisir du problème de la dette – sérieusement et non de manière cosmétique comme ce fut le cas à multiples reprises depuis 30 ans – est donc très mince. Il n’y aura pas de virage politique « volontaire » suite aux élections de l’année prochaine. Il y aura un véritable tournant stratégique lorsque la réalité rattrapera le pouvoir en place, quel qu’il soit. Le remède, tardif, sera malheureusement d’autant plus douloureux pour les Français
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