Défense européenne : faut-il passer acheteur ?

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Les valeurs de l’armement ont enregistré une flambée historique en Bourse, laquelle a connu une accélération notable début 2025. Depuis la fin septembre toutefois, la baisse l’emporte. Faut-il en profiter ?

La guerre en Ukraine va-t-elle bientôt toucher à sa fin ? Il est encore bien tôt pour l’affirmer. En quelques semaines toutefois, l’espoir d’un cessez-le-feu a pris forme.

Dès lors, les investisseurs ont pris acte de cette accélération diplomatique et réduit leur exposition sur les valeurs de la défense. L’indice Stoxx Europe Targeted Defence s’est ainsi replié de -21% en deux mois.

Tout récemment, l’Histoire semble s’être accélérée. Les Etats-Unis ont mis la pression sur l’Ukraine en présentant un plan en 28 points jugé très favorable à la Russie et ayant presque valeur d’ultimatum. Avant de reprendre les discussions avec Kiev sur la base d’une version jugée plus acceptable. La Maison Blanche a annoncé que le négociateur américain Steve Witkoff se rendra à Moscou cette semaine afin de rencontrer Vladimir Poutine. Nombre de spécialistes estiment que l’hôte du Kremlin refusera toute concession. Mais l’espoir est permis.

Des valorisations qui reculent

La baisse des valeurs de la défense s’avère logique, pour peu que l’on se place à court terme et que l’on raisonne (trop) vite : si la paix est signée, les besoins en armement de l’Ukraine vont logiquement baisser. Et les Etats européens vont réduire leurs dépenses militaires. Pour faire court : les carnets de commandes des sociétés d’armement vont moins progresser qu’attendu et les bénéfices ne seront pas aussi élevés qu’espéré.

Cette réflexion à courte vue a eu pour conséquence de détendre les valorisations des acteurs du secteur (voir ci-dessous). Lesquels avaient progressé de manière particulièrement significative au cours des dernières années.

A ce sujet, des excès ont très probablement été commis. Car les ambitions affichées par les Etats européens en matière de défense et de sécurité n’ont pas vraiment donné lieu à des commandes fermes. Mieux encore et selon Citi, les niveaux atteints par les CCR (PER) nécessitaient que les entreprises multiplient leurs bénéfices par cinq au cours des dix prochaines années. Très improbable…

D’une manière générale donc, la fluctuation des valeurs de la défense témoigne des difficultés des analystes comme des investisseurs à évaluer correctement la volonté politique et la situation géopolitique. Pour autant, la réélection de Donald Trump a offert une visibilité au secteur qu’il convient aujourd’hui de ne pas oublier.

Un changement de paradigme

Pour peu que l’on se place à moyen terme, les fondamentaux du secteur européen de la défense restent solides. Les sommes allouées aux dépenses d’armement (avions, chars, drones…) vont augmenter dans tous les pays alors que le protecteur américain a décidé d’abandonner son rôle historique.

Lors de son premier mandat, Donald Tump avait tenté d’augmenter la participation financière des Etats européens à l’OTAN. Sans succès. Mais cette fois, il devrait y parvenir.

Ainsi en 2025, les pays européens dépensaient en moyenne 2% de leur PIB dans la défense pour un total de 587 Mds €, selon les données rapportées par Bloomberg. Un montant (en termes de pourcentage du PIB) qui devrait doubler en quelques années. Après plusieurs décennies de désinvestissement, la tendance va rester porteuse sur cette seule base.

Une menace russe persistante

Mais ce n’est pas tout. Même si un cessez-le-feu entre Kiev et Moscou venait à être signé prochainement, la menace russe ne disparaîtrait pas. La parole de Valdimir Poutine est en en effet totalement démonétisée à force de mensonges.

Le Président russe va-t-il accepter une sorte de compromis pour permettre à son économie (tournée résolument vers la guerre) de reprendre son souffle  ? Beaucoup y croient. C’est ainsi que de nombreux Etats (Pologne, pays baltes…) s’attendent à une offensive russe par-delà leurs frontières.

De fait, sauf à évoquer un changement radical et brutal à la tête de la Russie, l’existence de cette menace persistante va conduire les pays européens à muscler dans la durée leurs dispositifs militaires.

D’autant que de manière générale, les tensions géopolitiques (Chine, Iran, Sahel…) restent importantes. La démocratie libérale semble arriver à un point de rupture dans de nombreux pays. Tandis que la force est présentée désormais comme un atout, par exemple dans la conquête de certaines matières premières.

Investir maintenant ou attendre ?

Si nous sommes positionnés dans la défense (et le spatial) via la Favorite Northrop Grumman, nous restons absents du marché européen qui devrait, au regard des éléments rappelés ici, profiter de la hausse des dépenses de défense.

La détente observée du côté des valorisations est évidemment bienvenue pour tout investisseur souhaitant prendre position dans ce secteur.

Pour autant et dans l’anticipation d’un cessez-le-feu en Ukraine, nous jugeons préférable de ne pas nous précipiter.

Compte tenu des spécificités et spécialisations des valeurs du secteur, nous choisissons de sélectionner un ETF (tracker) dans le cadre des Favorites. Il en existe de plusieurs émetteurs, très majoritairement non-éligibles au PEA (présence de sociétés britanniques et/ou exclues car produisant des armes controversées). Notre choix se porte sur le WisdomTree Europe Defence UCITS ETF EUR (IE0002Y8CX98 / WDEF / Paris). Il s’agit d’un ETF de réplication physique qui ne distribue pas de dividende.

Nous ne prenons pas position aujourd’hui, pour les raisons évoquées ci-dessus. Mais nous pourrions le faire rapidement. Vous en serez évidemment averti ici même.

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