Les temps sont un peu difficiles pour les Européens ayant fait le choix d’investir sur des valeurs américaines.
En premier lieu, le début d’année a été marqué par une sous-performance de Wall Street par rapport aux indices du Vieux Continent qui tenaient – enfin – leur revanche.
Puis le « bulldozer » Trump est passé par la.
En se lançant dans une guerre commerciale contre le reste du monde, il a bouleversé un certain nombre d’équilibres établis et fait plonger les marchés en « bear market » (-20% sur le S&P500). Si le rebond a été rapide, le coup dur porté au dollar ne parvenait pas à être effacé. Pour un investisseur européen, l’évolution de la parité avec la monnaie unique a réduit ses gains… ou accru ses pertes.
Le billet vert a également accusé le coup suite à la présentation de ce que Donald Trump appelle la « One Big Beautiful Bill Act » dite OBBBA (La Grande et Belle Loi, en français) qui constitue une fuite en avant budgétaire rarement vue (et assumée). Cerise sur le gâteau (ou le cupcake étant donné le recours surabondant aux terminologies anglo-saxonness dans ce texte, dont vous voudrez bien nous excuser), cette fameuse loi fiscale inflige une hausse brutale et conséquente du prélèvement à la source sur les dividendes distribués par des entreprises américaines à leurs actionnaires étrangers. Si et seulement si ces derniers résident dans des pays ayant adopté une taxation qualifiée par le texte « d’injuste » envers les entreprises américaines. La France ayant été déjà pointée du doigt, par exemple à cause de la taxation des grandes entreprises américaines de la technologie (loi dite « GAFA »), nous devrions être évidemment concernés (actuellement, la retenue à la source est de 15%).
Que cette disposition contrevienne à des accords bilatéraux (convention fiscale entre la France et les Etats-Unis) ne semble pas avoir ému le milliardaire américain. Pas plus que l’effet repoussoir qu’elle engendrerait.
Disons le tout de go, il s’agit cette fois (et encore !) d’une manœuvre destinée à mettre la pression sur les capitales européennes alors que les négociations sur les droits de douane sont au point mort. Donald Trump va-t-il reculer, encore de nouveau ? C’est fort probable. Pour autant et ici comme ailleurs, cette manière d’agir fait des dégâts. Dégâts qui vont être longs à réparer.
En Bourse, les certitudes peuvent très vite voler en éclats. Ainsi et début 2025, l’unanimité était de mise chez les stratèges : hors des actions américaines, point de salut ! Depuis, ceux-ci ont révisé leur jugement, tournant casaque avec la rapidité de l’éclair. Avant, sans doute, de changer d’avis tout aussi rapidement d’ici quelque temps.
Restez concentré sur vos objectifs et évitez – comme à l’accoutumée – toute réaction empressée : sans visibilité, vous risquez à chaque fois d’être à contre-courant. Un portefeuille correctement diversifié permet de passer entre les gouttes. Ou tout du moins d’attendre la fin de l’orage, sans avoir à souffrir de trop de dommages.
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