Deux ans après avoir acté la fin du thermique, l’Union européenne a renoncé cette semaine à imposer aux constructeurs automobiles de passer au tout-électrique en 2035. Un virage réclamé de longue date et qui était déjà ancré dans les esprits avant même que Bruxelles ne se décide à l’envisager.
Malheureusement, l’Union européenne a tardé à faire preuve de pragmatisme. Il est vrai que le mythe de la planification est encore omniprésent à Paris ou Madrid, deux capitales qui refusaient tout compromis et plaidaient pour un maintien strict du cap fixé pour 2035.
Finalement, la liberté des constructeurs à proposer des véhicules qui répondent aux demandes des consommateurs a été, en partie, restaurée. En partie seulement, car les contraintes réglementaires restent par ailleurs gigantesques et expliquent l’envolée des prix des véhicules.
Le secteur est-il pour autant sorti de l’ornière ? Non. L’automobile européenne est en effet confrontée à une concurrence chinoise dopée aux subventions, plus ou moins masquées (énergie « soldée », terrains gratuits, prêts avantageux…).
Selon une enquête menée par la Commission européenne elle-même, cet avantage représente de l’ordre de 17% à 38% du prix d’un véhicule importé. Ainsi, déjà favorisé par un coût industriel brut inférieur de -20% à celui des Européens, les constructeurs chinois parviennent à afficher un coût réel de production inférieur de -50%. Leur capacité à casser les prix est telle qu’ils ont capté en septembre 7,4% du marché européen des voitures particulières, ce qui représente une hausse de +149 % par rapport à 2024.
Les droits de douane européens standards et ceux récemment mis en place ne permettent pas d’effacer l’avantage entretenu par Pékin qui s’autorisera de toute manière à renforcer son soutien. Les autorités de Bruxelles le savent, comme elles savaient que la disparition du thermique en 2035 était totalement illusoire.
Le libre-échange ne fonctionne que si les prix reflètent les coûts réels. Si ce n’est pas le cas ici, Bruxelles doit tout simplement cesser de mettre en péril l’avenir d’un secteur. Combien de temps lui faudra-t-il pour réagir ?
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