Que se passe-t-il réellement au Moyen-Orient ? A écouter certaines voix alarmistes, le pétrole ne s’exporte plus et Téhéran est en train de gagner son bras de fer avec Washington. « Préparez-vous à une catastrophe et à un blocage de l’économie mondiale », résument ainsi les partisans de cette analyse.
Si l’on se fie aux chiffres communiqués par les spécialistes du secteur, celle-ci paraît pourtant très excessive, voire foncièrement fausse.
Dans le détroit d’Ormuz, les passages, sous escorte américaine, se font désormais en coupant le transpondeur des navires. Il est donc normal que le trafic mesuré sur cette base apparaisse quasiment nul. En réalité, il a bel et bien repris. Pas totalement via le détroit d’Ormuz, qui représente 60% du total des flux, mais grâce à l’aide des voies de contournement, à savoir les oléoducs en Arabie saoudite (le East–West fonctionne à nouveau après une interruption d’une dizaine de jours) et aux Émirats arabes unis (avec un terminal situé sur le golfe d’Oman). Ainsi, les exportations totales de la région dépassent désormais… leurs niveaux d’avant-guerre.
L’or noir circule et le reflux des prix sous les 100 $ paraît, à cet égard, logique. Tout n’est toutefois pas rose : le coût d’exportation est plus élevé qu’avant le conflit, les capacités de raffinage sont saturées et la menace iranienne demeure. Toutefois, la principale victime de l’enlisement du conflit reste Téhéran qui n’est, pour sa part, plus en mesure d’acheminer son pétrole vers ses clients et voit donc ses ressources financières s’effondrer.
Alors que le rial recule chaque jour un peu plus (son cours a été divisé par deux face au dollar depuis le début du conflit), l’inflation dans le pays dépasse les +70%. Les sanctions économiques appliquées par les Etats-Unis et l’Union européenne ont été considérablement durcies. Dans les faits, le pays est coupé du monde. Difficile, là encore, de croire que l’Iran est en train de gagner la guerre.
Le dernier levier des Gardiens de la Révolution était de faire perdre les élections de mi-mandat à l’administration Trump en faisant durer le conflit. Dans trois semaines, cette échéance électorale sera passée. Et le pouvoir iranien s’en trouvera alors plus affaibli.
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