Semaine du 16 au 21 septembre 2026
La banque centrale américaine a décidé, comme attendu, de relever ses taux de +25 pdb. Mais dans le même temps, elle a laissé entrevoir la possibilité d’un autre tour de vis d’ici la fin de l’année. Habituellement, les marchés préfèrent un environnement accommodant (i.e. des taux bas). Cette fois cependant, la décision de la Fed a été saluée.
Attaquée par Donald Trump qui exige des taux à 1%, dirigée par un Kevin Warsh nommé par ce même Donald Trump et sur qui il exerce des pressions quotidiennes, la Réserve fédérale jouait ici sa crédibilité. C’est-à-dire sa capacité à lutter contre l’inflation de manière indépendante du pouvoir politique. Nourrie par l’envolée des prix à de l’énergie due à la guerre au Moyen-Orient, l’inflation est « trop élevée, depuis trop longtemps », a ainsi clairement déclaré le Président de la Fed. Sur la nouvelle, les taux se sont légèrement détendus (le 10 ans américain retombait sous les 5%).
Dans le même temps, le pétrole a perdu un peu de terrain pour des raisons techniques et dans l’espoir d’une reprise du dialogue entre les Etats-Unis et l’Iran, tout en restant, lui aussi, plutôt haut perché (97 $ pour le WTI). L’incertitude entourant le redémarrage de l’oléoduc Est-Ouest de l’Arabie saoudite et la baisse continue des capacités de raffinage en Russie exerçaient, malgré tout, des pressions à la hausse sur les prix de l’énergie.
Dans ce contexte, le marché américain est parvenu à progresser, porté par les valeurs de l’Intelligence artificielle (IA). Les avertissements lancés la semaine passée à ce sujet ont été vite oubliés.
Ainsi donc et malgré un contexte loin d’être simple, l’indice du Nasdaq Composite a atteint un niveau de clôture record en date du lundi 21 septembre, à 27 122 pts. Cette hausse s’explique par l’emballement des valeurs liées à l’IA et aux semi-conducteurs, qui avaient été quelque peu délaissées la semaine passée. On relèvera ainsi la très forte progression d’Advanced Micro Devices, d’Intel ou encore d’Arm Holdings. L’indice PHLX Semiconductor a grimpé de +4,3%. Le secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, a déclaré avoir eu des discussions préliminaires « fructueuses » avec le vice-Premier ministre chinois He Lifeng, y compris sur le sujet (ô combien sensible) de l’IA.
Il n’en a pas été de même en Europe et surtout à Paris où le CAC40 s’est dangereusement rapproché du seuil psychologique des 8 000 pts. L’OAT française revenait à 4,46%. Et l’écart de taux avec la référence allemande (Bund) a atteint de nouveaux sommets. La prime que la France doit payer pour emprunter par rapport à l’Allemagne a dépassé les 100 pdb, du jamais-vu depuis 2010. Les investisseurs sont inquiets face à la situation financière du pays à l’approche de l’élection présidentielle. A plus court terme, c’est toutefois la problématique du budget qui se pose. La copie du gouvernement risque fort d’être rejetée. Dans ce cas, de nouvelles tensions sont à prévoir.
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