Semaine du 25 au 31 août 2026
Les marchés ont globalement cédé du terrain sur la semaine. Et ce pour deux raisons. En premier lieu parce que Kevin Warsh a tenu à Jackson Hole, le lieu de la réunion annuelle des banquiers centraux, un discours bien plus sévère que prévu concernant l’inflation.
Lutter contre la hausse des prix constitue ainsi sa priorité, a-t-il martelé. Baisser les taux et, de manière concomitante, réduire l’inflation tout en rassurant le marché obligataire constitue une mission impossible, a indiqué le président de la Fed.
Dès lors, les économistes estiment que la banque centrale américaine ne pourra faire l’impasse sur une hausse de ses taux lors de la réunion prévue le 16 septembre. La probabilité d’un geste de + 25 pdb dépasse d’ailleurs désormais les 60%.
Le deuxième motif d’inquiétude est, cette fois, en lien avec la situation au Moyen-Orient. La reprise des frappes entre les Etats-Unis et l’Iran a fait grimper les cours du pétrole. Le WTI évolue désormais autour des 86,50 $ alors que le conflit entre les deux pays vient de « fêter » ses six mois, pour des résultats au mieux faibles et au pire inexistants. Les craintes d’un dérapage de l’inflation, porté par le renchérissement du prix des hydrocarbures, ont aussitôt provoqué de nouvelles tensions sur l’obligataire. Le 10 ans américain est ainsi remonté à 4,78% et le 30 ans à 5,34%.
Car l’indice PCE de l’inflation n’a pas baissé aux Etats-Unis en juillet, comme le prévoyaient les économistes. Cet indicateur, très suivi par la Réserve fédérale dans la conduite de sa politique monétaire, est ressorti à +3,7% sur la période, après +3,7% en juin et +4,1% en mai. Cette pause sera-t-elle transitoire ? La tendance à l’assagissement des prix peut-elle reprendre ? Il est difficile d’y croire alors que les cours du pétrole se tendent de nouveau, portés par le conflit en Iran. La guerre commerciale entre les Etats-Unis et le Canada ne plaide d’ailleurs pas pour une accalmie à brève échéance. A quelques semaines des élections de mi-mandat, le contexte s’avère des plus adverses pour l’administration Trump.
Ce mouvement sur les taux est d’ailleurs mondial : le rendement à 10 ans a atteint des records de 15 ans en France comme en Allemagne, et de 30 ans au Japon.
Dans un tel cadre, les actions se voient concurrencées par l’obligataire. De fait, les principaux indices ont cédé du terrain au cours des derniers jours, même si Nvidia a soutenu brièvement Wall Street. Le CAC40 retombait à 8 334 pts, soit 5% plus bas que son sommet de début août. Les banques (voir page 3) et les services aux collectivités ont plus spécifiquement reculé.
Enfin, l’once d’or a réalisé en août sa meilleure performance mensuelle depuis janvier (+10,17%). Et ce malgré son récent recul lié à une anticipation de hausse des taux aux Etats-Unis, liée elle-même à une remontée des anticipations inflationnistes dans le sillage des cours du pétrole. Sur le sommet touché le mois dernier, sa performance serait ressortie à +16,23%. Les producteurs d’or ont fait encore mieux sur la période.
Copyright © Propos Utiles. Tout droit de reproduction interdit.