Des marchés de nouveau déstabilisés par l’Iran

Iran USA pétrole

Semaine du 7 au 13 juillet 2026

Les investisseurs s’attendaient à quelques jours d’accalmie avant le lancement de la très attendue saison des résultats trimestriels. Mais il n’en a finalement rien été. En effet, l’Iran a visé plusieurs bateaux dans la zone du détroit d’Ormuz. Cette démonstration de force n’a pas été du goût des Etats-Unis, lesquels ont répliqué en multipliant les frappes contre les intérêts politiques et militaires du pays. Et Donald Trump, dans un vocabulaire toujours très fleuri, de manifester son mécontentement, tout en laissant, comme à son habitude, la porte ouverte à la poursuite des pourparlers avec son équipe de négociateurs. Pour autant, la fin de l’accord de cessez-le-feu conclu le mois dernier était officiellement annoncé.

Aussitôt, le pétrole repartait à la hausse (71 $ le baril de WTI) et les indices reculaient (-2,18% pour le CAC40 sur la seule séance du 8 juillet). Mais dans des proportions finalement très contenues. Souvenez-vous que la référence pour l’or noir était venue tutoyer les 120 $ au début du conflit.

Pour les marchés, et par-delà ses « réflexes », l’hypothèse d’un embrasement de la région et de la fin des négociations entre l’Iran et les Etats-Unis ne saurait, à l’heure actuelle, être envisagée. Les investisseurs y voient plutôt une « péripétie ».

Voilà qui provoquait toutefois de nouvelles tensions sur l’obligataire qui n’avait que prudemment pris acte de l’accord-cadre conclu le mois dernier entre les deux pays. Ainsi, le 10 ans américain repartait à l’assaut des 4,6%. Tandis que son homologue français repassait au-dessus des 3,8%. Une légère détente était observée après seulement deux jours.

La Banque centrale européenne (BCE) persiste et signe. Selon le dernier compte rendu de la réunion de juin (« minutes »), les responsables de l’institution ont pris connaissance de projections montrant que l’inflation resterait supérieure à l’objectif des +2% en zone euro au moins jusqu’au 1er semestre 2027. Et ce, alors que ses propres projections intègrent déjà près de trois hausses de taux d’intérêt de +25 pdb d’ici là.

Dans ce contexte, le secteur technologique parvenait à reprendre des couleurs. La soutenabilité des valorisations dans l’Intelligence artificielle (IA) et les semi-conducteurs continuait malgré tout de faire débat chez les investisseurs. L’introduction en Bourse, sur le Nasdaq américain, du fabricant sud-coréen de puces SK Hynix a été pourtant un vrai succès. Ce qui a permis d’ailleurs au secteur des semi-conducteurs de retrouver de l’allant, après quelques séances de doute. Il s’agit de la plus importante levée d’argent jamais effectuée par une entreprise étrangère aux États-Unis (26 Mds $). La demande a été élevée, avec une offre sur-souscrite plus de sept fois. Le 10 juillet 2026, jour de la première cotation, l’action s’est adjugée +13% de hausse. Cette opération va permettre à SK Hynix de financer l’augmentation de ses capacités de production pour répondre à l’énorme demande en mémoires destinées à l’Intelligence artificielle (IA).

Copyright © Propos Utiles. Tout droit de reproduction interdit.

Découvrez