Semaine du 26 mai au 1er juin 2026
A Wall Street, le S&P500 a enchaîné une neuvième semaine consécutive de hausse, toujours porté par les thématiques de l’Intelligence artificielle (IA) et du spatial, dans l’anticipation de l’introduction de SpaceX.
Les marchés européens, dominés par la « vieille économie », ont tenté de suivre cette marche « haussière » en capitalisant sur la perspective d’un accord-cadre entre Washington et Téhéran, prévoyant une prolongation du cessez-le-feu et un nouveau cycle de discussions sur le programme nucléaire iranien. Mais des frappes croisées durant le week-end ont fini par refroidir les acheteurs.
Les cours du pétrole ont en revanche rebondi sur les 90 $. Le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale ont alerté sur un risque de pénurie cet été, si le trafic maritime via le détroit d’Ormuz ne revient pas rapidement à la normale. Le P.-D.G. d’Exxon Mobil a pour sa part évoqué des stocks extrêmement faibles et le risque d’un rebond rapide et mécanique du baril vers 120 $, voire 150 $.
Sur le front macroéconomique, la croissance américaine du 1er trimestre a été révisée en baisse (-0,4 pt) à +1,6% en rythme annualisé. Cette performance inférieure aux attentes doit être relativisée car elle s’explique en partie par un net rebond des importations (+21%) après des mois de déstockage.
Les dépenses des ménages américains ont par ailleurs augmenté de +0,5% en avril sur un mois, en dépit d’une stagnation de leurs revenus. Le taux d’épargne s’avère historiquement faible, affecté par le poids des dépenses contraintes.
Conformément aux attentes des économistes, l’indice des prix de la consommation personnelle (PCE) aux Etats-Unis a augmenté de +3,8% en avril en rythme annuel, après +3,5% en mars. En excluant les éléments volatils que sont l’énergie et les produits alimentaires, la hausse des prix est également ressortie en ligne avec le consensus, à +3,3%. L’inflation mesurée par le PCE est au plus haut depuis trois ans et nettement au-dessus de l’objectif de la Réserve fédérale (+2%). Pour autant, la variation mensuelle (+0,2%) ne traduit aucune accélération par rapport à avril (+0,3%), ce qui a plutôt rassuré les investisseurs quant au risque d’un dérapage lié à des effets de second tour.
En zone euro, les marchés intègrent toujours plus de 90% de chances d’une hausse de +25 pdb du taux directeur de la Banque centrale européenne (BCE) alors que les ventes au détail sont ressorties en baisse en France (-0,5%) et en Allemagne (-0,3%). Le risque d’une erreur de politique monétaire se profile.
Au cours de la semaine, les rendements obligataires ont longtemps été orientés à la baisse. Les chiffres de l’inflation de part et d’autre de l’Atlantique, sans mauvaise surprise, et les espoirs de déblocage du détroit d’Ormuz alimentaient la détente. Jusqu’à ce que de nouvelles tensions entre l’Iran et les Etats-Unis ne viennent provoquer un retournement. Les opérateurs sur ce compartiment de marché restent décidément fébriles.
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