La paix à tout prix

Iran marchés paix

Semaine du 19 au 25 mai 2026

Même si les déclarations des dirigeants américains et iraniens dégagent une impression de cacophonie, les investisseurs anticipent des avancées dans les négociations de paix et la réouverture prochaine du détroit d’Ormuz. Et même si cela doit, par exemple, passer par la mise en place d’un péage environnemental (sic) au profit de Téhéran, ce qui constituerait une défaite stratégique pour Washington.

Ces espoirs de paix ont fait reculer les prix du pétrole (WTI à 90,9 $) ainsi que les rendements obligataires, et réveillé les actions européennes, le Vieux Continent étant plus exposé aux conséquences du blocage actuel que les Etats-Unis.

De l’autre côté de l’Atlantique, les indices n’en ont pas moins également progressé après la pause de la semaine passée. La thématique de l’IA est restée le principal moteur de Wall Street.

Sur le front monétaire, les minutes de la dernière réunion de la Réserve fédérale ont révélé que, pour la deuxième fois consécutive, davantage de responsables ont estimé qu’une hausse des taux d’intérêt pourrait être appropriée si l’inflation venait à rester supérieure à l’objectif de +2%. Ces faucons n’obtiennent toutefois pas la majorité au sein du conseil de politique monétaire, ce qui préfigure d’âpres discussions lors de la prochaine réunion (17 juin) qui constituera le baptême du feu de Kevin Warsh.

En mai, selon l’enquête mensuelle de l’Université du Michigan, le moral des consommateurs américains a chuté à un plus bas historique à 44,8 pts, contre 49,8 pts en avril. Les économistes interrogés attendaient une légère érosion, mais pas un tel décrochage… La composante des perspectives a reculé à 44,1 pts après 48,1 pts en avril, alors que les anticipations d’inflation à un an ont pour leur part progressé pour ressortir à +4,8%, après +4,7% en avril. Le rebond de l’inflation demeure une menace pour le pouvoir d’achat du consommateur américain. En Bourse, cela se traduit par une désaffection pour les sociétés dépendantes de l’économie de la demande.

En zone euro, l’indice Flash PMI s’est contracté pour le deuxième mois consécutif et à son plus bas de 31 mois (47,5 en mai, contre 48,8 en avril). La composante des services a touché un creux de 63 mois, avec un net décrochage en France (42,9 contre 46,5). Au regard de ces données, un resserrement monétaire de la Banque centrale européenne, visant à lutter contre l’inflation liée au blocage du détroit d’Ormuz, apparaîtrait des plus incongrus…

En Italie, l’indice FTSE MIB, qui regroupe les 30 principales valeurs de la cote de Milan, a franchi le cap des 50 000 pts pour inscrire un record historique. Celui-ci datait de l’an 2000… Très exposé aux banques et longtemps pénalisé par la politique budgétaire dispendieuse de Rome, le marché italien a sous-performé durant de très longues années. Preuve que le long terme n’est pas toujours garant de performance.

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