Semaine du 5 au 11 mai 2026
Les marchés ont cru à la fin imminente du conflit en Iran, sur la base de l’information d’un relais de la Maison Blanche (Axios) évoquant un protocole d’accord d’une simple page. Il n’en fallait pas plus toutefois pour faire bondir les indices (+2,94% le 6 mai, pour le CAC40, qui retrouvait la zone des 8 300 pts).
Très vite toutefois, cet espoir a été déçu : Donald Trump a jugé « inacceptable » la réponse iranienne à ses propositions. Et le Président américain de menacer aussitôt de « mettre KO » l’Iran. Bref, sur ce front, les avancées semblent bien maigres.
Aussitôt en Europe, les places boursières perdaient le terrain acquis. Et la référence parisienne de retomber proche des 8 000 pts. Wall Street fléchissait à peine, toujours portée par l’optimisme entourant le développement de l’Intelligence artificielle (IA), les résultats trimestriels des entreprises comme Intel ou AMD et les nouvelles statistiques sur l’emploi.
Ainsi, les Etats-Unis ont créé 150 000 emplois en avril, pour un consensus qui ressortait à 60 000. Un mois plus tôt, le solde s’était avéré là encore positif (185 000). De fait, le pays reste proche du plein emploi avec un taux de chômage à 4,3% de la population active. Les marchés ont bien accueilli ces chiffres, malgré les précautions dont ont usé les économistes. Ceux-ci estiment que l’impact de la guerre en Iran (via la hausse des prix des hydrocarbures) ne se fera vraiment ressentir qu’au 2nd semestre. D’autres minimisent la portée de ces chiffres alors que la population active américaine s’est réduite sous l’effet conjugué du vieillissement de la population et d’une politique migratoire devenue très restrictive.
Dans un cadre désormais convenu, le pétrole repartait à la hausse (le baril de WTI s’échangeait de nouveau à environ 100 $). Selon les analystes de Société Générale, il s’écoulera « 45 à 50 jours » avant un véritable « soulagement » pour le marché, dans l’hypothèse où le détroit d’Ormuz serait sécurisé et rouvert au trafic maritime à la mi-mai.
Dès lors, les anticipations d’inflation devraient rester élevées, comme en attestait l’évolution des taux : le 10 ans américain retrouvait la zone des 4,42% et le Bund allemand, celle des 3,08%. La Réserve fédérale américaine et la Banque centrale européenne (BCE) ne sont pas prêtes de baisser le loyer de l’argent, estiment les économistes.
Aux Etats-Unis de nouveau, les autorités commerciales ont invalidé la hausse des tarifs douaniers de +10% imposée par Donald Trump après le camouflet subi par ce dernier en janvier avec les droits dits « réciproques », retoqués alors par la Cour suprême.
Enfin, à Londres, la tonne de cuivre s’échangeait à 13 573 $ alors que l’offre mondiale se réduit, accentuant le déséquilibre avec une demande toujours bien orientée. Ainsi, Freeport-McMoRan a repoussé le retour à pleine capacité de sa mine de Grasberg (Indonésie). De plus, le blocage du détroit d’Ormuz perturbe l’approvisionnement en acide sulfurique, un composant indispensable pour la production de cuivre.
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