Semaine du 28 avril au 4 mai 2026
La saison des résultats trimestriels bat son plein, des deux côtés de l’Atlantique (81% de surprises positives à Wall Street). On relèvera que les états-majors s’inquiètent de l’absence de visibilité liée au conflit en Iran, lequel constitue un choc énergétique de premier plan… sans pour autant tirer le signal d’alarme.
Les grands noms de la technologie (Amazon, Meta, Apple, Microsoft et Alphabet) ont dévoilé des chiffres qui ont été bien accueillis (comme tout ce qui touche de près ou de loin à l’Intelligence artificielle), à l’exception de ceux de l’ex-Facebook. Voilà qui a constitué un soutien de taille pour les indices américains.
Leurs homologues européens frayant quant à eux dans des eaux (industrielles) plus mouvementées. Les craintes au sujet d’une entrée en stagflation du Vieux Continent sont devenues plus manifestes.
En avril ainsi, l’inflation dans la zone euro a continué de progresser, alors que la guerre en Iran conduisait les prix de l’énergie sur des niveaux élevés (+10,9% sur un an). Selon Eurostat, l’indice des prix à la consommation a crû de +3% sur la période, après +2,6% en mars et +1,9% en février. Ce chiffre s’est avéré supérieur aux attentes des économistes (+2,9%). Considérée hors éléments volatils (énergie et alimentation), l’inflation ressortait à +2,2% en avril, après +2,3% en mars. Preuve que l’inflation ne s’est pas (encore ?) propagée à l’économie dans son ensemble. La Banque centrale européenne (BCE) a indiqué surveiller de près la situation qui pourrait la conduire à redéfinir l’orientation de sa politique monétaire.
Pendant ce temps, le flux de nouvelles en provenance du Moyen-Orient s’avérait toujours aussi dense et peu lisible. L’armée américaine s’apprêtait à escorter des navires à travers le détroit d’Ormuz (Project Freedom), dont le trafic ne représente que 9% de celui observé avant-guerre. Téhéran a évidemment bombé le torse, par anticipation. Donald Trump a par ailleurs jugé que le plan de paix proposé par l’Iran était peu convaincant, avant d’évoquer des discussions « très positives ». Des pourparlers sont en cours, ce qui a suffi aux marchés qui, sur ce sujet et pour l’heure, semblent avoir choisi de regarder ailleurs.
Pour autant, les cours du pétrole repartaient à la hausse. Le baril de WTI est repassé au-dessus du seuil des 100 $ à 103,77 $. Dans le Golfe, les tensions ont été ravivées ces derniers jours. Les forces américaines ont abattu sept petites vedettes militaires iraniennes. Un barrage de tirs venant d’Iran a également visé les infrastructures énergétiques des Emirats Arabes Unis. L’OPEP+ a annoncé un nouveau relèvement de sa production (+188 000 barils) pour juin. Sans effets notables, donc.
Enfin, les banques centrales (Fed et BCE) ont rendu leur verdict : le statu quo attendu sur les taux a été confirmé. Pour autant, des dissensions sont apparues au sein des membres votants de la Réserve fédérale américaine. Ce qui ne manquait pas de provoquer de nouvelles tensions sur l’obligataire (4,41% pour le 10 ans américain).
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