Semaine du 21 au 27 avril 2026
Alors que la désescalade entre les Etats-Unis et l’Iran a débouché sur la prolongation du cessez-le-feu pour une durée indéterminée, les indices américains et européens évoluent dans des directions opposées.
Outre-Atlantique, les investisseurs veulent croire qu’une forme d’accord va être trouvée. Ils ont donc tourné la page pour se concentrer sur les résultats trimestriels des entreprises ainsi que sur la thématique de l’Intelligence artificielle (IA), en se ruant notamment sur le secteur des semi-conducteurs. Le S&P500 a ainsi grappillé du terrain et inscrit de nouveaux records.
De ce côté-ci de l’Atlantique, où le compartiment technologique ne pèse pas grand-chose et où la dépendance aux importations de pétrole reste significative, les actions ont au contraire reculé, séance après séance.
Ce découplage boursier entre l’Amérique et l’Europe s’explique aussi par les résultats d’entreprises, bien moins brillants ici qu’à Wall Street. Les sanctions ont d’ailleurs été légion sur le Vieux Continent (Roll Royce, bioMérieux, Rexel, Sartorius Stedim Biotech, Thalès, Safran, Bureau Veritas, Tomra Systems, FlatexDegiro, Kongsberg…), avec une sur-représentation des valeurs de la défense.
Du côté cette fois de la macroéconomie, les PMI américains sont ressortis en hausse et au-dessus des attentes (54 pour le secteur manufacturier, 51,3 pour les services).
Ceux de la zone euro sont apparus moins solides. Ainsi, l’indice composite préliminaire des directeurs d’achat (PMI) de la zone euro établi par S&P Global a reculé à 48,6 en avril, contre 50,7 en mars, alors que le consensus des économistes tablait sur 50,1. Si le secteur manufacturier a enregistré une progression inattendue (52,2, contre 51,6) dans un environnement marqué par le renchérissement des coûts de production, celui des services, qui pèse le plus lourd dans l’économie, a chuté à 47,4, largement sous les attentes (49,8). La demande de services a ainsi connu son plus fort repli depuis octobre 2023. Selon S&P Global, ces chiffres témoignent d’une « accélération de la contraction ». Difficile, dès lors, de croire aux anticipations de hausse des taux d’intérêt.
Aux Etats-Unis, l’audition au Sénat de Kevin Warsh, le candidat de Donald Trump pour succéder à Jerome Powell à la tête de la Fed, n’a pas constitué un évènement. Ce dernier s’est engagé à préserver l’indépendance de la banque centrale. Les rendements obligataires sont restés stables tout au long de la semaine tandis que les spreads se sont réduits. La normalisation semble suivre son cours sur ce front.
Les cours du pétrole ont continué de progresser alors que le détroit d’Ormuz reste fermé pour la plupart des tankers. Goldman Sachs a relevé sa prévision de prix pour le Brent de 80 $ à 90 $ pour la fin de l’année, en tablant sur un retour à la normale des exportations d’ici fin juin. « Des hausses de prix non linéaires » sont probables si les stocks tombent sur des niveaux critiquement bas, explique la banque américaine.
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