Un sentiment de confusion

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Semaine du 31 mars au 6 avril 2026

Alors que les marchés ont les yeux rivés vers le Moyen-Orient où l’offensive israélo-américaine contre l’Iran se poursuit, la visibilité est toujours aux abonnés absents. Les sorties erratiques, quasi-quotidiennes et parfois vulgaires de Donald Trump n’aident pas à y voir plus clair, bien au contraire.

Ce dernier n’a pas validé l’idée d’un cessez-le-feu de 45 jours, après avoir annoncé qu’il donnait jusqu’à mardi 20H00 (00H00 GMT mercredi) à Téhéran pour rouvrir le détroit d’Ormuz, passage crucial pour l’approvisionnement mondial en pétrole, sous peine de faire « vivre un enfer » au pays. Auparavant, il avait continué d’évoquer la possibilité d’un accord global avec Téhéran permettant de mettre un terme au conflit.

Le marché, pendant cette semaine écourtée, semblait plutôt enclin à croire à une issue proche. Mais ce rebond est avant tout jugé « technique » par les stratèges. Malgré l’incertitude entourant le conflit en Iran, l’indice de la volatilité du marché américain, le VIX, a reflué sur la semaine. Il est ainsi passé de 31 pts, son récent sommet, à 24 pts cinq jours plus tard, soit un repli de -23%. Ce mouvement s’explique par l’apaisement des craintes géopolitiques liées au conflit au Moyen-Orient et le rebond technique des indices boursiers. Un mouvement qui reste toutefois fragile.

Sur le front du pétrole, le baril de qualité WTI continuait d’ailleurs d’osciller dans la zone des 112 $, alors que l’OPEP+ a de nouveau relevé ses quotas de production.

Côté macroéconomie, les investisseurs ont porté leur regard sur les chiffres de l’emploi américain pour le mois de mars. Les créations d’emplois ‌aux États-Unis ont rebondi plus que prévu en mars, selon les données publiées par le département du Travail. Ce sont ainsi 178 000 postes qui ont été créés dans le pays, contre 60 000 pour le consensus. Le chiffre de février a été considérablement revu à la baisse, faisant apparaître 133 000 destructions de postes pour une première estimation de 92 000. Le taux ‌de chômage s’est établi à 4,3% de la population active, après 4,4% en février et un consensus qui l’attendait stable. A y regarder de plus près, la croissance de l’emploi s’explique avant tout par les bonnes dispositions du secteur de la santé (40% du total du mois), suite au retour au travail de certains employés après une grève des médecins

Aux Etats-Unis toujours, la croissance du secteur des services a ralenti plus que prévu en mars. L’indice ISM est ressorti à 54, conte 56,1 en février, et reste donc significativement en zone d’expansion. Les marchés n’ont guère réagi à ces statistiques, comme c’est le cas depuis le début du conflit avec l’Iran. On relèvera toutefois que l’ISM mesurant les prix payés a bondi à 70,7 le mois dernier, soit son niveau le plus élevé depuis octobre 2022, contre 63 en février.

Le marché obligataire n’en a pas pris ombrage, le 10 ans américain ressortant à 4,33%. Plusieurs établissements financiers estiment toutefois que la Fed ne sera plus en mesure de baisser ses taux cette année.

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