La guerre, Trump et les banques centrales

Iran trump put

Semaine du 17 au 23 mars 2026

Alors que le conflit au Moyen-Orient met les nerfs des investisseurs à rude épreuve, la stratégie du fou, théorisée par l’administration Nixon et qui semble aujourd’hui inspirer Donald Trump, perturbe totalement leur grille de lecture.

Cette semaine, le Président américain a ainsi annoncé ne pas vouloir d’un cessez-le-feu avant d’indiquer, quelques heures plus tard, être sur le point d’alléger l’intervention militaire en Iran. Puis, durant le week-end, il a fixé un ultimatum de 48h à Téhéran (« ouvrez le détroit d’Ormuz où nous bombarderons vos centrales électriques »). Ultimatum finalement suspendu le lendemain et pour cinq jours, des « points d’accord majeurs » ayant été trouvés, selon lui, lors de négociations menées avec un responsable du régime.

Bref, les opérateurs en sont réduits à suivre les réseaux sociaux pour déterminer, au coup par coup, le niveau de leur prise de risque.

Dans cet environnement très incertain, les banques centrales ont eu la lourde tâche de s’exprimer sur la situation économique et de répondre aux interrogations des marchés. Du côté de la Fed, le message a été simple, mais clair : l’institution n’a pour l’heure aucune idée de l’impact qu’aura ce conflit sur l’activité ou l’inflation. Qui vivra, verra… La Banque centrale européenne (BCE) a pour sa part présenté deux scénarios. Dans le premier, l’inflation reste proche de sa cible de +2%, dans le second, elle bondit à +4,4% avant de revenir rapidement dans les clous. La Banque d’Angleterre a pour sa part indiqué être prête à relever ses taux… si nécessaire.

Dans un contexte marqué par des craintes inflationnistes, les tensions obligataires sont restées vives de part et d’autre de l’Atlantique. Le rendement de l’OAT à 10 ans a notamment atteint un plus haut de 15 ans à 3,87%, avant de refluer suite aux déclarations de Donald Trump concernant la tenue de négociations avec l’Iran. Les 3,60%, qui faisaient office de résistance depuis plus de deux ans, ont donc cédé.

Sur le marché pétrolier, qui reste actuellement le meilleur baromètre pour apprécier la situation, les prix du WTI ont buté sur les 100 $, puis reflué. L’écart avec le Brent s’est par ailleurs réduit (10 $, contre 16 $ la semaine passée). L’once d’or a pour sa part décroché, avec un point bas à 4 100 $, avant de renouer avec les 4 400 $.

Du côté des statistiques, l’indice Flash PMI composite S&P Global de l’activité dans la zone euro est ressorti à 50,5 au titre du mois de mars, soit en net repli par rapport à février (51,9). La région demeure en zone d’expansion (indice supérieur à 50) pour le dixième mois consécutif, mais la dynamique est faible. Les services ont enregistré un plus bas de dix mois (50,1, contre 51,9 en février)) alors que le secteur manufacturier (51,4, contre 50,8) s’affiche, au contraire, à un sommet de 45 mois (peut-être soutenu par la hausse des dépenses militaires). Selon les auteurs de l’enquête, les retards de livraison d’intrants signalés en mars ont été les plus importants depuis le milieu de l’année 2022. Ce qui ne sera pas sans conséquence sur les prix.

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