Semaine du 10 au 16 février 2026
Au cours de la semaine, la nervosité est restée palpable sur les marchés boursiers. A Paris, le CAC40 a malgré tout pu inscrire un record au-dessus des 8 400 pts, soutenu, un temps, par les résultats d’EssilorLuxottica et Hermès. Mais l’indice parisien a ensuite été rattrapé par la lourdeur des autres places, en particulier Wall Street.
Désormais effrayés des récents progrès affichés par les modèles d’Intelligence artificielle (IA), les investisseurs ont continué de vendre le secteur des logiciels. Toutefois, d’autres compartiments, comme la logistique, l’assurance ou les banques ont été présentés comme de possibles futurs victimes de l’IA. Le courant vendeur s’est ainsi élargi, souvent sur la base d’éléments plutôt minces.
Dans un tel environnement, l’énergie, les services aux collectivités et l’immobilier ont en revanche été loués pour leur caractère défensif.
Sur le front macroéconomique, les prix à la consommation aux Etats-Unis n’ont progressé que +0,2% en janvier, ce qui ramène leur hausse à +2,4% sur douze mois glissants, contre +2,7% en décembre. Ce chiffre a été jugé de manière positive, comme le montre l’évolution des rendements obligataires.
Les rendements obligataires américains ont nettement reculé. Le 10 ans s’est rapproché du seuil des 4% alors qu’il évoluait autour de 4,30% il y a moins d’un mois. De manière générale, les investisseurs semblent valider l’idée selon laquelle le mouvement de désinflation pourrait reprendre en dépit des droits de douane décidés par Donald Trump. Cette évolution du marché obligataire pourrait venir soutenir les actions.
Sur ce front, la détente a été d’autant plus marquée que les données du marché du travail montrent une économie américaine de moins en moins génératrices d’emplois.
Selon le Département du Travail, l’économie américaine a créé 130 000 emplois en janvier, soit deux fois plus que prévu par le consensus des économistes. Le taux de chômage a par ailleurs reculé à 4,3%, tandis que le salaire horaire progressait de +0,4% sur le mois. Dans le même temps, les données des années passées ont été révisées fortement à la baisse. En 2025, seulement 180 000 emplois ont ainsi été créés, soit 15 000 par mois. Et au cours des trois dernières années, il n’y a eu aucune création d’emplois en dehors des secteurs publics, des loisirs et de la santé/éducation privées. Au-delà des chiffres mensuels, le marché du travail est perçu comme faible, ce qui devrait amener la Fed à agir sur les taux d’intérêt.
Moins d’inflation, moins de travail : Donald Trump pourrait bien obtenir de nouvelles baisses de taux de la Fed, sans attendre le remplacement de Jerome Powell.
En Chine, où l’enjeu est différent puisqu’il s’agit de lutter contre la déflation, les prix à la consommation ont déçu en augmentant moins que prévu en janvier (+0,2%), même s’il s’agit du quatrième mois consécutif de hausse. Les prix à la production ont par ailleurs poursuivi leur déclin. La Bourse locale a reculé sur la semaine.
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