BYD, Kraft Heinz et Derichebourg

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Au-delà de nos sélections de valeurs (Favorites et Opportunités), quelles valeurs ont fait parler d’elles cette semaine ? Nos avis ne constituent pas un conseil d’achat ou de vente, sauf mention du contraire.

 

BYD revoit ses ambitions à la baisse

Selon Reuters, le constructeur chinois a réduit son objectif interne de ventes annuelles de -16 % à 4,6 millions de véhicules, après avoir vu son bénéfice net trimestriel reculer de -30% (une première en 3 ans).

Le nouvel objectif fixé par la direction de BYD ferait ressortir une croissance de +7% sur l’exercice 2025, au plus bas depuis 2020. Surtout, le groupe n’atteindrait pas le consensus des analystes, pourtant déjà fortement révisé en baisse.

Deux éléments pèsent sur la performance : la forte concurrence en Chine, où les consommateurs affichent une très faible fidélité aux marques, et la résistance européenne. Sur le Vieux Continent, l’appétit des ménages pour les véhicules chinois se révèle moins important que prévu, notamment suite à la mise en place de droits de douane allant jusqu’à 45%.

BYD traverse une période de ralentissement marqué. L’Europe n’est pas l’Eldorado espéré et le report de l’interdiction des véhicules thermiques constituerait un coup dur pour le groupe, lequel se tourne actuellement vers l’Afrique. Le titre devrait poursuivre sa consolidation.

Kraft Heinz va opérer un retour en arrière

Depuis la fusion de Kraft avec Heinz en 2015, le chiffre d’affaires du nouvel ensemble a stagné et les marges ont reculé. En Bourse, l’entreprise a par ailleurs perdu les deux-tiers de sa valeur.

Face à un tel échec, Kraft Heinz va revenir en arrière et se scinder en deux entités distinctes. La première regroupera les opérations internationales du groupe avec l’ambition de croître, la seconde se concentrera sur le marché nord-américain et offrira des flux de trésorerie  plus stables.

Selon le P.-D.G. de Kraft Heinz, cette scission doit permettre de revenir sur l’extrême complexité de l’actuelle organisation, laquelle ne permet pas de développer correctement les activités à fort potentiel de croissance. 

Le secteur a longtemps privilégié les économies d’échelle en multipliant les opérations de rapprochement et en oubliant les investissements destinés à générer de la croissance. Dans le même temps, les consommateurs sont demandeurs d’une offre plus diversifiée. Les scissions et cessions pourraient déboucher sur la cotation de sociétés plus attractives.

Derichebourg : l'embellie n'a pas eu lieu

Le spécialiste du recyclage de métaux n’a pas vu son activité rebondir comme espéré. En mai dernier, Derichebourg avait en effet conditionné l’atteinte de son objectif de rentabilité à une nette remontée des prix des métaux dans le sillage d’un accord commercial rapide entre les Etats-Unis et l’Union européenne. Or, celui-ci n’est intervenu qu’en juillet  et il n’a pas permis de réduire les taux très élevés appliqués sur l’acier, l’aluminium et le cuivre.

En outre, le dollar a de nouveau reculé durant l’été, ce qui a pesé sur les prix de vente finaux en euros. La société souligne également qu’aucune mesure n’a été prise par la Commission européenne pour limiter les importations sur le Vieux Continent des stocks excédentaires chinois.

Le groupe va donc continuer à limiter ses dépenses d’investissement et à concentrer ses efforts sur les projets les plus rentables.

Les analystes ont dégradé la valeur qui a ainsi ourdement chuté en Bourse. Pour tenter de freiner la correction, le groupe a dévoilé un plan de rachat d’actions. Il n’est pas sûr que cela suffise à moyen terme.

 

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