La France s’enfonce dans une crise politique qui pourrait rapidement devenir financière. Dans ce cadre, il est impératif de passer en revue votre portefeuille. Et de réduire le poids des valeurs françaises, s’il est excessif.
Une France politiquement bloquée
En cette sortie d’été, nombre de certitudes ont volé en éclats sur les marchés financiers. Et en France, plus spécifiquement. Il suffit, pour s’en convaincre, d’observer le recul du CAC40 (-4%) depuis que le Premier ministre a lié son avenir à ce poste au vote de confiance sollicité auprès d’une assemblée nationale au sein de laquelle il ne disposait pas de la majorité (voir PU # 3157 / pages 4 et 11).
Ce pari est désormais perdu. Mais la France n’en devient pas plus gouvernable. Il appartient désormais au Président de la République d’en prendre date. L’idée même d’un gouvernement de coalition fort d’un programme commun clair et précis est tellement étrangère aux mœurs politiques hexagonales que cette hypothèse s’annonce irréaliste. Chaque parti campe sur ses positions. Et advienne que pourra…
De la même manière que Donald Trump a été rappelé à l’ordre par le marché obligataire après son fameux « Liberation Day », la France pourrait, elle aussi et très rapidement, être confrontée à la réalité par ce même marché. Les tensions observées sur les taux (l’OAT à 10 ans a atteint 3,60%, avant de refluer quelque peu) pourraient devenir plus prégnantes. D’autant plus si le poste de Premier ministre venait à être occupé par une personnalité n’appartenant pas au « bloc central ».
L'enjeu de la dette publique reste indépassable
En effet, la question de l’endettement public est au centre des enjeux. Une réponse à son envolée appelle des hommes politiques « responsables ».
Sur ce point, les chiffres font froid dans le dos. Pensez donc que la seule charge de la dette pourrait, dès 2027 et sur le rythme actuel, monter à 3% du PIB. En d’autres termes, pour rentrer dans les clous de Maastricht, notre pays ne pourra continuer à faire le moindre déficit (la propension « naturelle » des dépenses à croître ne devra plus être vue comme inéluctable) !
La France, dont l’image s’est considérablement ternie en quelques mois, va donc devoir donner très rapidement des gages. Des gages significatifs et crédibles. D’autant que le couperet des agences de notation va tomber prochainement (Fitch rendra son verdict cette semaine, puis cela sera au tour de Moody’s et de S&P Ratings).
Le moment n’est guère opportun pour prendre position sur l’obligataire français et même européen (souvenez-vous de la crise de la dette européenne pour laquelle l’étincelle a été la révélation du déficit de la petite économie grecque et qui, par contagion, a touché de nombreux pays européens).
Une dégradation de la note de la France – qui semble inéluctable – aura également des répercussions sur le financement des entreprises battant pavillon français, même si celles-ci sont bien gérées et disposent de liquidités. Ce qui pèsera dès lors sur les valorisations. Du côté des valeurs hexagonales, le climat risque de rester lourd et la décote dont souffre la Bourse de Paris de persister, voire de s’accroître.
En d’autres termes, il conviendra d’aller voir ailleurs ou, en tous les cas, de réduire le poids de la France dans vos portefeuilles.
Réduire le poids de la France
Ce n’est pas une nouveauté : la diversification géographique de vos avoirs reste essentielle. Pour se prémunir du risque, mais aussi pour aller chercher la croissance et les plus-values là où elles se trouvent.
Ainsi, pour ce qui concerne nos Favorites, l’équilibre de portefeuille que nous recommandons (voir page 6) est trop souvent négligé. Le tropisme franco-français des portefeuilles que nous sommes amenés à étudier (s’il se comprend) le montre d’ailleurs très souvent. La part de l’Europe (les valeurs européennes sont pour la plupart éligibles au PEA) et surtout des Etats-Unis (dans le cadre d’un compte-titres ou même dans celui du PEA via le recours a des ETF synthétiques) y est souvent anecdotique, quand elle existe seulement. Vous devez impérativement agir sur ce point.
Notre service d’analyse (informations sur notre site Internet et au 01 45 23 10 57) peut vous permettre de passer ce cap, plus que jamais nécessaire.
Copyright Propos Utiles. Tout droit de reproduction interdit.